Expo 67 au jour le jour : Août

Une collaboration spéciale d’Yves Jasmin, directeur de l’Information, de la Publicité et des Relations publiques d’Expo 67 de mars 1964 à janvier 1968.

Projet de réédition initialement commandé à M. Jasmin par M. Michel Dumas, président de la Fondation Expo 67 de 2010 à 2015, sous la direction soutenue de M. Luc Beauchemin, designer et chercheur en patrimoine moderne. Complété avec la précieuse contribution de Mme Huguette Dussault, professeur d’histoire, pour la révision des textes français, et celle de Mme Diana Thébaud-Nicholson, consultante en communications, pour la révision anglaise.

 

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Jour 096
Mardi 1er août 1967 : Journée nationale de Suisse
Météo : temps couvert, 67 °F (19,5 °C) – 71 °F (21,5 ° C)
347 413 visiteurs

Aujourd’hui, c’est la Journée de la Suisse, égayée par les costumes régionaux des sept groupes folkloriques venus de plusieurs cantons, représentant les différentes cultures de la confédération helvétique. À la Place des Nations, son vice-président, le docteur Willy Spuchler rend hommage au Centenaire du Canada,  une « noble et grande nation », ainsi qu’à la Ville de Montréal et à son maire. Après les allocutions, le cortège officiel, précédé des groupes folkloriques et suivi de la foule compacte et ravie, se rend à pied au pavillon de la Suisse, laissant de côté les limousines.

Pavillon de la Suisse. 1967. VM94-EXd006-034. Archives de la Ville de Montréal.

Pavillon de la Suisse. 1967. VM94-EXd006-034. Archives de la Ville de Montréal.

Dans l’après-midi, se déroule une fête populaire très réussie, animée par les Fifres et tambours de Bâle, les danses et les chants de Saint-Moritz, le yodel d’Appenzell, la Canzonetta de Bellinzona, Le Feuillu de Genève, les Fifres et tambours du Valais, les claqueurs de fouet de Schwiytz, le trio de cors des Alpes et les lanceurs de drapeaux. Dans l’ensemble, un spectacle très coloré et inédit.

Pavillon de la Suisse. 1967. VM94-EXd281-024. Archives de la Ville de Montréal.

Pavillon de la Suisse. 1967. VM94-EXd281-024. Archives de la Ville de Montréal.

La radio amateur du pavillon de la Jeunesse a joué un rôle pratique inattendu. Les employés du pavillon se sont rendu compte qu’ils pouvaient communiquer avec Caracas, le seul lien établi avec la capitale vénézuélienne, terriblement affectée par un violent tremblement de terre. Une hôtesse du pavillon du Venezuela, Nidya Crosker, âgée de 19 ans, a pu communiquer avec son père, lui-même radio amateur, qui lui a appris que son frère n’était pas encore retrouvé mais que lui et sa mère se portaient bien.

Au pavillon de l’URSS, monsieur Krougly traite du syndicalisme en Union soviétique.

Au pavillon de la Jeunesse, les Grands Ballets Canadiens présentent Géhenne, de Fernand Nault et Alan EtIer ainsi que Médée, sur une musique électronique de Georges Savaria.

Dans le cadre du Festival international, à l’Expo Théâtre, première du Gala folklorique suisse.

Et dans les kiosques à musique : le Harmonizers, de White Rock; le Kamenyar Ukranian Folk Orchestra and Dance Group, d’Edmonton; le Talented Teens USA, de Chicago, Illinois; le Rhythm-Lites, d’Utica; le Shumka Dancers, d’Edmonton, Alberta.

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Jour 097
Mercredi 2 août 1967 : Journée nationale du Venezuela
Météo : temps clair/couvert, 70 °F (21 °C) – 75 °F (24 °C)
350 553 visiteurs

La Journée du Venezuela se déroule sous le signe du deuil et de la sympathie en raison du séisme qui vient d’éprouver durement Caracas, la capitale de ce pays, causant près de 200 morts. À la Place des Nations, on hisse le drapeau en berne. La foule est nombreuse, mais plutôt silencieuse, montrant ainsi sa sympathie dans une tragédie qui dépasse les frontières.

Pavillon du Venezuela. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P026. Archives de la Ville de Montréal.

Pavillon du Venezuela. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P026. Archives de la Ville de Montréal.

Suite aux condoléances du commissaire général, le docteur Mayobre, ministre des Mines et des Hydrocarbures, offre ses remerciements pour la sympathie qui lui est manifestée. Pendant la cérémonie, un soldat du peloton d’honneur, incommodé par la chaleur intense, s’écroule et reste allongé sur le sol sans rompre pour autant l’impassibilité de ses camarades au garde-à-vous.

Le pavillon du Venezuela, fermé pour cinq jours, rouvre brièvement pour la circonstance. Même sobriété, pas de discours, seulement des conversations à mi-voix. Le spectacle folklorique des musiciens et chanteurs vénézuéliens qui devait ravir les foules est annulé.

Pavillon du Venezuela et alentours. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P026. Archives de la Ville de Montréal.

Pavillon du Venezuela et alentours. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P026. Archives de la Ville de Montréal.

En fin d’après-midi, le docteur Mayobre donne une conférence de presse dans laquelle il signale notamment que le Venezuela constitue le premier marché sud-américain pour les produits canadiens et que le Canada se place au troisième rang parmi les clients du Venezuela.

Le cinéaste Carl Reiner, réalisateur, directeur, scénariste et acteur, accompagné de sa femme et d’un de leurs trois enfants, commence une visite de trois jours à l’Expo. Il est enthousiaste et déclare que l’Expo de Montréal est, sans contredit, « la plus belle des expositions que je n’aie jamais vues et pourtant je n’en ai manqué aucune depuis l’exposition de New York en 1939 ». Il trouve le Labyrinthe fabuleux et regrette que le pavillon des États-Unis soit tellement critiqué aux É.-U.

Au pavillon de l’URSS, madame B. Vorontsa traite de la situation de la femme en Union soviétique. Cette causerie est suivie d’un défilé de mode où les couturières de Kiev présentent leurs créations.

Au pavillon de la Jeunesse, présentation d’un spectacle folklorique suisse et projection de la dernière tranche du concours du cinéma d’amateurs canadiens.

Au pavillon de la France, première représentation de la pièce de Claudel Prothée, musique de Darius Milhaud, mise en scène de J. Rosny, par la troupe Volard-Rosny. Il s’agit d’une farce lyrique, parodique et musicale.

Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le Hoover-Schrum Grade School Band, de Calumet, Illinois; le Kamenyar Ukranian Folk Orchestra and Dance Group, d’Edmonton et Les Dad’s, d’Iberville, Québec.

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Jour 098
Jeudi 3 août 1967 : Journée nationale de la Jamaïque
Météo : temps couvert, 73 °F (23 °C) − 77 °F (25 °C)
292 405 visiteurs

Journée nationale de la Jamaïque représentée par son premier ministre Hugh Shearer, très détendu et sympathique. Sa bonne humeur charme l’assistance. Devant son pavillon, il passe en revue vingt cadets venus de là-bas, puis distribue des poignées de main. Sa sollicitude va jusqu’à faire servir un cocktail rafraîchissant aux membres de la presse.

Arrivée du Premier ministre de la Jamaïque, Hugh Shearer. - 2 août 1967. VM94-X040-031. Archives de la Ville de Montréal.

Arrivée du Premier ministre de la Jamaïque, Hugh Shearer. – 2 août 1967. VM94-X040-031. Archives de la Ville de Montréal.

Dans l’après-midi, à la Place des Nations, les Danseurs de la Jamaïque, le Fratz Quintet, les Blues Busters et l’orchestre Byron Lee and  the Dragonaires remportent le plus vif succès. Au moment du départ de monsieur Shearer, la musique de Wings of a Dove se fait entendre. Le distingué visiteur ouvre alors les bras qu’il agite comme des ailes d’oiseau. La foule est en délire. Les Dragonaires continuent à déverser des rythmes de calypso, de rock et de jump-up jusqu’à une heure du matin, portant le ravissement à son comble. Dans l’ensemble, une Journée nationale pleine de chaleur et d’excitation. La Jamaïque a apporté à l’Expo 67 son exotisme et sa joie de vivre.

Jean Drapeau et son épouse, en compagnie du premier ministre de la Jamaïque, Hugh Shearer. Terrasse de l'hôtel de ville. - 2 août 1967. VM94-X040-014. Archives de la Ville de Montréal.

Jean Drapeau et son épouse, en compagnie du premier ministre de la Jamaïque, Hugh Shearer. Terrasse de l’hôtel de ville. – 2 août 1967. VM94-X040-014. Archives de la Ville de Montréal.

Au pavillon soviétique, des spécialistes traitent d’un sujet sérieux : la santé publique en URSS.

Le Bluenose II  installe une clinique de collecte de sang à son bord.

Le chanteur américain Harry Belafonte, champion de ski nautique, assiste à la démonstration du lac des Dauphins mais décline l’invitation d’y prendre part, au désappointement général.

Miss Barbara Walton, reine de beauté d’un petit groupe d’îles antillaises, St. Kitt-Nevis et Anguilla, s’installe dans un kiosque improvisé et appose l’estampille de ces îles pendant douze heures sur les passeports des visiteurs qui se présentent. On ne sait pas si cette visite a été tolérée par les autorités de l’Expo. Cela serait assez étonnant mais l’histoire ne le dit pas. [Ces estampilles sont évidemment très rares et font saliver les collectionneurs.]

Un léger accident à déplorer vers la fin de l’après-midi : l’aéroglisseur Hovercraft heurte le pilier de la passerelle du Cosmos qui enjambe le chenal LeMoyne, semant la panique parmi ses 36 passagers, dont 4 sont légèrement blessés.

Dans le cadre du Festival mondial, première du  théâtre Kabuki du Japon, qui se produira au théâtre Maisonneuve jusqu’au 15 août.

Au théâtre Port-Royal, les Danseurs de la Jamaïque, dirigés par Rex Nettleford, écrivain, et Eddy Thomas, le plus célèbre danseur et chorégraphe de la Jamaïque.

Dans les kiosques à musique les groupes amateurs suivants : le Young Tulsans Band, d’Oklahoma; le Shumka Dancers, d’Edmonton, Alberta; le Ukranian National Federation Choir, de Winnipeg; le Swift Current Junior Band; le Dartmouth Recreation Majorette Corps, de Nouvelle-Écosse; Nobody’s Children, de Lister; Men of the Deep, de Sydney, Nouvelle-Écosse; et Max et Jean-Marc, de Montréal.

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Jour 099
Vendredi 4 août 1967 : jour des Indiens du Canada
Météo : pluie/temps clair, 75 °F  (24 °C) – 70 °F (21 °C)
245 944 visiteurs

Le mauvais temps a nui au succès de la Journée des Indiens du Canada, journée minutieusement organisée qui promettait d’être très réussie. C’est d’autant plus regrettable que de nombreux Indiens sont venus de tous les points du Canada exprès pour la circonstance.

Intérieur du pavillon des Indiens du Canada. 1968. Photo par Armour Landry. VM94-EX111-002. Archives de la Ville de Montréal.

Intérieur du pavillon des Indiens du Canada. 1968. Photo par Armour Landry. VM94-EX111-002. Archives de la Ville de Montréal.

À la Place des Nations où trois tentes symboliques sont dressées, le gouverneur général Roland Michener préside. Monsieur Andrew Delisle, chef de la tribu iroquoise et commissaire général du pavillon, procède à un cérémonial original : la remise de coiffures à plumes aux personnalités présentes et aux principaux dirigeants de l’Expo. Monsieur Dupuy, fait chef honoraire iroquois, reçoit le nom de guerre de Katarontiay (Clan Volant), et monsieur Shaw, celui de Nonaydota (Aigle Noir).

Jean Drapeau et Roland Michener. 1968. VM94-EXd021-018. Archives de la Ville de Montréal.

Jean Drapeau et Roland Michener. 1968. VM94-EXd021-018. Archives de la Ville de Montréal.

En après-midi, on assiste à la première représentation d’un pow-wow, tel qu’il est vécu chez les Indiens de l’ouest. L’atmosphère était à la joie, lorsque soudainement, une pluie torrentielle chasse dignitaires, exécutants et spectateurs vers les abris.

Le coup final est porté par l’annonce que le rôtissage public d’un bison sur l’île Notre-Dame n’aura pas lieu. Les groupes de danseurs et de chanteurs indiens, vivement applaudis dans la matinée, se produisent en soirée sur la terrasse sombre du restaurant Hélène-de-Champlain.

Au pavillon de l’URSS, le professeur Gontcharenko prononce une conférence commémorative du 50e anniversaire de la culture et de l’art soviétiques.

À la Maison olympique, le célèbre coureur tchèque Emil Zatopek, surnommé la locomotive, accorde des interviews.

Le pavillon du Maroc présente une exposition philatélique.

Les bouddhistes d’Hamilton, Toronto et Montréal donnent au kiosque international un spectacle de danse, dont le Canada Onto, spécialement créé pour le Centenaire.

À l’Expo Théâtre, ouverture du Festival international du film avec, en première mondiale, le film du metteur en scène Arthur Penn, Bonnie and Clyde, dont l’épopée appartient à la légende américaine.

À l’Autostade, premier match du tournoi de crosse des Indiens d’Amérique du Nord.

Dans les kiosques à musique : le Holy Name Senior Band, de Roxbury, Massachusetts; le Musical Youth International, de Ann Arbour, Michigan et Les Mutins de Longueuil.

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Jour 100
Samedi 5 août 1967 : Journée spéciale de l’Ontario
Météo : temps clair, 67 °F (19,5 °C) – 69 °F (20,5 °C)
373,818 visiteurs

La Journée de l’Ontario, particulièrement brillante, présente à l’Expo 67 un des spectacles les plus riches et les plus variés de toute la saison. Plus de 1 300 participants et 22 groupes ethniques différents combinent leurs talents pendant deux heures pour satisfaire leur public. En prévision de ce succès, et pour permettre à la délégation officielle d’y assister, l’horaire habituel est modifié. Le déjeuner offert par monsieur Dupuy a lieu avant la cérémonie à la Place des Nations.

L’hôte officiel, le premier ministre John Parmentier Robarts, définit la « tapisserie ontarienne » comme un ensemble de 81 groupes ethniques qui se consacrent également à bâtir le Canada moderne.

Pendant son allocution, la garde du Fort Henry, de Kingston et la Compagnie franche de la Marine se tiennent au garde-à-vous, côte à côte, face à la tribune officielle. Elles prennent ensuite part au spectacle et la garde du Fort Henry remporte un vif succès, notamment en feignant une attaque, baïonnette au canon.

La Compagnie franche de la marine en 1965. VM94-Ad035-011. Archives de la Ville de Montréal.

La Compagnie franche de la marine en 1965. VM94-Ad035-011. Archives de la Ville de Montréal.

Des troupes et chorales grecques, polonaises, irlandaises, ukrainiennes et autres, en costumes folkloriques, exécutent des danses et des chants de leur pays d’origine. Les tribunes sont combles et le temps est splendide.

Madame Ekaterina Furtseva, ministre de la Culture soviétique, souvent surnommée la « Première dame » communiste, visite l’Expo. Elle est arrivée à Montréal hier et précède la fameuse troupe de l’Opéra Bolshoï de Moscou.

Au pavillon de l’URSS, conférence du professeur A. Mikrtchan sur le système politique et social de l’Union soviétique.

À la Maison olympique, la statue du célèbre coureur finnois Paavo Nurmi, renversée par des vandales le mois dernier, est officiellement replacée sur son socle par monsieur Johanes Virolainen, président du Parlement finlandais.

Course sur le lac des Régates, à laquelle participent les avironneurs des Jeux panaméricains de Winnipeg.

Dans le cadre du Festival du film à l’Expo Théâtre, présentation en première mondiale de La rivière, poème de colère; cette rivière d’Hiroshima, remplie de haine, se veut une expression de méfiance et de désespoir, selon Kota Mori, le jeune producteur japonais qui a réalisé ce film. Au programme également et en première mondiale Le Sac, un film hongrois de Pal Zolnay.

Au kiosque international, l’Orchestre symphonique de Montréal donne deux concerts sous la direction de maître Wilfrid Pelletier.

Dans les autres kiosques à musique : le Reagan High School Madrigals, d’Austin, Texas; le Maple Leaf Almrausch Club, d’Ottawa; La Clique laurentienne, d’Orsainville, Québec et Le Choeur Vaudreuil-Soulanges, de Dorion.

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Jour 101
Dimanche 6 août 1967 : Journée spéciale de la Jeunesse
Météo : temps clair,  67 °F (19,5 °C) – 70 °F (21 °C)
347 653 visiteurs

La Journée de la Jeunesse, célébrée à la date anniversaire d’Hiroshima, est dédiée essentiellement à la paix. C’est donc ce thème qui est évoqué symboliquement et traité par de nombreux orateurs, dont monsieur Ralph Bunch, sous-secrétaire des Nations Unies, qui officie. La cérémonie commence au son d’une fanfare de jeunes, très amateurs, qui remplace le peloton d’honneur. Des messages de paix des cinq continents sont lus et une minute de silence est observée en mémoire des victimes de toutes les guerres.

Monsieur Dupuy, dans un discours plein d’humour, prend la défense de la jeunesse moderne et renvoie ses détracteurs dans les musées, contempler les statues et les toiles de la Renaissance. Monsieur Bunch, qui lui succède à la tribune, souligne que les cris stridents des jeunes, s’ils sont parfois excessifs, n’en constituent pas moins un ferment puissant contre l’inertie. Après les allocutions, le commissaire général de l’Expo allume le flambeau de la paix. Cent colombes sont alors lâchées. Après avoir décrit un cercle, elles se rassemblent sur le toit de la tribune d’honneur et vont se nicher dans le symbole de l’Expo.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-004. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-004. Archives de la Ville de Montréal.

Dans l’après-midi, se déroule un colloque intitulé Rencontre sur la Paix, organisé sous les auspices du pavillon de la Jeunesse. Il comprend six orateurs : messieurs Norman Thomas, Paul Goodman et William Pepper, des États-Unis; messieurs Marcel Rioux et Julian Bond, du Canada et monsieur Thich Nat Hahn, du Vietnam. Le colloque est entrecoupé d’intermèdes de chants et de lectures de poésies. La foule est maintenant dense, composée principalement de jeunes, exubérante, mais néanmoins disciplinée.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-001. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-001. Archives de la Ville de Montréal.

En contraste avec ce programme sérieux suit un défilé de mode à gogo des plus originaux. Il se déroule sans interruption au pavillon de la Jeunesse sur un rythme yéyé endiablé. Orchestres et chanteurs très populaires se produisent sur la Place des Nations en soirée et jusqu’à une heure du matin.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-002. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-002. Archives de la Ville de Montréal.

Les organisateurs ont tenu à ce que cette Journée des jeunes mette en valeur leur manifestation de foi dans la paix;  ils ont évité de lui donner un caractère trop frivole.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-005. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-005. Archives de la Ville de Montréal.

Un jeune Québécois de 18 ans, à la suite d’un pari, plonge de la passerelle du Cosmos et nage jusqu’à l’île Notre-Dame. La police le détient.

La finale du tournoi de crosse à l’Autostade marque le triomphe des Indiens du Canada sur les Indiens des États-Unis : 65-29, résultat combiné des trois parties disputées au cours de la fin de semaine.

Au pavillon l’Homme et la musique, le pianiste Wlado Perlemuter donne la première conférence de sa série consacrée à Maurice Ravel.

Dans le cadre du Festival du film, à l’Expo Théâtre, la première présentation en Amérique du Nord de Liliom, du célèbre metteur en scène Fritz Lang, né à Vienne en 1890. Également au programme, Voilà ta vie, film suédois qui vient de remporter le prix interfilm au Festival de Berlin.

Dans les kiosques à musique de l’Expo : le Maple Leaf Almraush Club, d’Ottawa et Le Choeur laurentien, de Repentigny.

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Jour 102
Lundi 7 août 1967 : Journée nationale du Gabon
Météo : temps clair/couvert, 70 °F (21 °C) – 74 °F (23,3 °C)
300,156 visiteurs

Il n’y a pas grand-chose à signaler au sujet de la cérémonie de la Place des Nations pour cette Journée du Gabon, sinon l’envol des cent colombes de la paix qui, affolées par les coups de canon, tourbillonnent autour de la tribune officielle avant de prendre enfin possession du ciel de l’Expo.

Les dignitaires sont en retard sur l’horaire, ce qui est exceptionnel. Mais l’atmosphère est très détendue; personne n’est pressé. Monsieur Pierre Mebaley, ministre de l’Information, du Commerce et des Mines, représente son gouvernement. Il explique que la présence du Gabon à l’Expo 67 témoigne de l’intention de ce pays d’ouvrir ses portes au monde entier.

Salle d'exposition sur le Gabon du pavillon de l'Afrique à Terre des Hommes / Photo : Armour Landry . - 9 mai 1968. VM94-EX071-001. Archives de la Ville de Montréal.

Salle d’exposition sur le Gabon du pavillon de l’Afrique à Terre des Hommes / Photo : Armour Landry . – 9 mai 1968. VM94-EX071-001. Archives de la Ville de Montréal.

La « famille officielle » de l’Expo 67 est arrivée à Montréal hier et passe sa première journée à l’Expo. Il s’agit de monsieur et madame Raymond Moreau et de leurs quatre enfants, de Québec, qui ont gagné un concours leur décernant ce titre. Ils passent une semaine à vivre l’Expo au jour le jour.

Le professeur Mkartcham donne une conférence sur la structure politique de l’Union soviétique.

Au théâtre Port-Royal, première du ballet folklorique du Maroc.

Dans le cadre du Festival du film à l’Expo Théâtre, projection de Changer de vie, de Paulo Rocha, jeune réalisateur portugais de la nouvelle vague dont le court métrage Vertes années a été primé au Festival de Locarno. Également au programme, Affaire de cœur de Dusan Rakavejev, de Yougoslavie et Le jardin des délices, du jeune metteur en scène italien Silvaro Agosti, décidément non conventionnel pour son premier film.

Entrée de l'Expo-théâtre à Terre des Hommes / Photo : Philippe Dumais . - 1er août 1968. VM94-EX212-001. Archives de la Ville de Montréal.

Entrée de l’Expo-théâtre à Terre des Hommes / Photo : Philippe Dumais . – 1er août 1968. VM94-EX212-001. Archives de la Ville de Montréal.

Dans les kiosques à musique les groupes amateurs suivants réjouissent la foule : le Roosevelt High School Band, de Honolulu; le Canterbury Singers, de Saint-Jean, Terre-Neuve; le Saskatoon Lion Band et le Hungry Six, tous deux de la Saskatchewan; le Mantae, de Winnipeg; le Bruce County Junior Pipe Band, de Kencardine, Ontario et Les Ménestrels, de Saint-Hyacinthe.

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Jour 103
Mardi 8 août 1967
Météo : temps clair, 64 °F (18 °C) – 75 °F (24 °C)
352 982 visiteurs

Journée assez calme sauf à l’entrée du pavillon thématique l’Homme à l’œuvre où deux espions cherchent fébrilement un dossier volé. Les visiteurs de l’Expo, spectateurs occasionnels de cette scène, sont ébahis. En fait, il s’agit d’une séquence de The Crooked Man, réalisé par Leslie Stevens. Le metteur en scène américain, enthousiasmé par l’Expo, a décidé d’ajouter à son film plusieurs autres pavillons, le Minirail et la Balade. Monsieur Stevens ne tarit pas d’éloges sur les nouvelles techniques utilisées dans les divers pavillons. Elles peuvent être, à son sens, adaptées facilement aux besoins de la production commerciale. « L’Expo 67 annonce une véritable révolution dans la technologie du cinéma », affirme-t-il.

À l'intérieur du Pavillon de l'Homme à l'oeuvre. 1968. VM94_271-Exc-0739. Archives de la Ville de Montréal.

À l’intérieur du Pavillon de l’Homme à l’oeuvre, Terre des Hommes. 1969. VM94_271-Exc-0739. Archives de la Ville de Montréal.

Trente-trois enfants noirs de Miami, âgés de I3 à 17 ans, visitent l’Expo. Leurs économies s’étant révélées insuffisantes, le Inter-Service Club Council de Montréal, dont les membres viennent en aide aux visiteurs indigents ou infirmes, s’est chargé de défrayer leur séjour et leurs entrées sur l’emplacement.

Le pavillon de l’Autriche a fermé ses portes pendant plusieurs heures afin de  remplacer ses tapis usés, signe tangible de son succès, dont il ne tire cependant aucune vanité.

Suite aux critiques faites envers Logexpo, Robert Shaw, sous-commissaire général de l’Expo 67, a offert à l’hôtel Reine-Elizabeth, qui s’était proposé pour mettre sur pied un service de dépannage, de lui céder tout le personnel, l’équipement et le budget de Logexpo, à condition que le Reine-Elizabeth étende son service à tout le domaine du logement. Offre refusée par l’hôtel.

D’autre part, les autorités municipales ont fermé le Seaway Trailer Camp à cause de la pollution de l’eau potable sur l’emplacement. Les 3 000 campeurs étaient désespérés à l’annonce de cette fermeture, mais Charles Bordeleau du Metropole Trailer Camp leur a offert d’autres terrains de camping sans frais.

Camping de fortune sur la rue Iberville à Montréal à proximité du gazomètre de la compagnie Gaz métropolitain dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. 2 août 1967. P140_12P038. Archives de la Ville de Montréal.

Camping de fortune sur la rue Iberville à Montréal à proximité du gazomètre de la compagnie Gaz métropolitain. 2 août 1967. P140_12P038. Archives de la Ville de Montréal.

Dans le cadre du Festival du film, à l’Expo Théâtre, projection de Vent des Aurès, premier long métrage d’un jeune metteur en scène algérien Mohammed Lakhdar-Hamina. Il a remporté le prix du meilleur premier film au Festival de Cannes 1967. Également au programme et en première mondiale, Koto, mélodrame de Tomataka Tasaka situé dans le Japon traditionnel des années 1920.

Dans les kiosques à musique de l’Expo : le Capitol Hill High School Choir, d’Oklahoma City; le Kamloops Lumbermen’s Rube Band, de Kamloops, Colombie-Britannique; le Royal Canadian Air Cadets, de North Sydney, Nouvelle-Écosse et Mantae, de Winnipeg.

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Jour 104
Mercredi 9 août 1967 : Journée nationale du Maroc
Météo : temps couvert, 73 °F (22 °C) – 68 °F (20 °C)
326 987 visiteurs

La Journée du Maroc débute sous un ciel menaçant qu’obscurcissent de gros nuages noirs. Les Marocains en costumes nationaux, djellabas blanches et foukias multicolores, installés sur les tribunes, attirent les regards, comme d’ailleurs les huit hôtesses marocaines vêtues en un jaune éclatant. Monsieur Ahmed Senoussi représente le roi Hassan. Il est ministre de l’Information et également commissaire général du pavillon, poste qu’il a conservé à sa demande après son rappel au Maroc. C’est la seule fois dans la courte histoire de l’Expo, qu’un commissaire général de section préside une Journée nationale.

Marie-Claire Drapeau, le ministre de l'Information du Maroc Ahmed Senoussi et le maire Jean Drapeau. - 8 août 1967. VM94-X42-015. Archives de la Ville de Montréal.

Marie-Claire Drapeau, le ministre de l’Information du Maroc Ahmed Senoussi et le maire Jean Drapeau. – 8 août 1967. VM94-X42-015. Archives de la Ville de Montréal.

Dans l’après-midi, la foule est au rendez-vous à la Palestre Sainte-Hélène, devant une pelouse transformée en marécage. Elle attend stoïquement sous une pluie battante, qu’apparaissent les fameux petits chevaux arabes; mais la fantasia est annulée, au désappointement général.

La foule, trempée mais toujours aussi avide, s’entasse alors dans le kiosque E où l’on présente un spectacle folklorique abrégé, exécuté par le Ballet marocain qui se produit depuis le 7 août au théâtre Port-Royal. Des danses fières, des chants étranges et un peu hermétiques pour un public nord-américain, évoquent la nostalgie du désert, ce désert que la plupart des spectateurs ne connaissent pas, tout en sachant que d’autres l’aiment avec passion. Dans l’ensemble, journée réussie en dépit des conditions atmosphériques défavorables.

Spectacle folklorique marocain. 8 août 1967. VM94-X42-113. Archives de la Ville de Montréal.

Spectacle folklorique marocain. 8 août 1967. VM94-X42-113. Archives de la Ville de Montréal.

Le cinéaste Vincent Price, maître américain de l’épouvante, visite l’Expo. Il accorde des interviews à la presse et se défend avec douceur, mais fermeté de toute exclusivité dans sa célèbre collection d’art.

Au pavillon de l’URSS, conférence du professeur V. Soutchenko sur l’économie soviétique, suivie d’un débat ouvert au public, qui est invité à poser à des spécialistes toute question relative à la situation actuelle de l’URSS.

Au pavillon du Judaïsme, cérémonie en l’honneur de l’Institut Braille juif d’Amérique, dont les réalisations consistent à évoquer des images pour les aveugles, en hébreu, en yiddish et en anglais.

À l’Autostade, début du match international d’athlétisme : l’Europe contre l’Amérique.

Dans le cadre du Festival du film à l’Expo Théâtre, projection des quatre épisodes de Guerre et Paix, réalisés par l’acteur et metteur en scène soviétique Serguei Bondartcouk, d’après le roman de Tolstoï. Le premier épisode a été présenté au Festival de Cannes 1967 et le quatrième, encore inédit, est donc projeté ici en première mondiale.

Dans les kiosques de l’Expo, les présentations suivantes, presque toutes canadiennes : le Kamloops Lumbermen’s Rube Band, de la Colombie-Britannique; le Klondike Centennial Majorettes, d’Edmonton; le Hungry Six, de Saskatoon; le St. Bart’s Choirboys, de Toronto; le Pictou Community Centrettes et le Royal Canadian Air Cadets, de North Sydney, tous deux de Nouvelle-Écosse et le Estelle and Alfonso Dancers de l’État de New York.

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Jour 105
Jeudi 10 août 1967 : Journée nationale du Rwanda
Météo : temps couvert, 66 °F (19 °C) – 61 °F (16 °C)
333 481 visiteurs

La foule est curieusement bigarrée et les caméras actives. Le président du Rwanda, monsieur Grégoire Kayibanda, est venu en personne pour la participation nationale de son pays à l’Expo 67. À la Place des Nations, le vent souffle en force, dérègle légèrement les micros et se charge alors de diffuser à son gré les paroles officielles.

Le maire Jean Drapeau et le président du Rwanda, Grégoire Kayibanda. - 9 août 1967. VM94-X043-020. Archives de la Ville de Montréal.

Le maire Jean Drapeau et le président du Rwanda, Grégoire Kayibanda. – 9 août 1967. VM94-X043-020. Archives de la Ville de Montréal.

Le clou de la journée est sans aucun doute le spectacle de l’après-midi. Les visiteurs épris de sensations fortes sont à même de contempler le groupe le plus exotique qui se soit jamais produit à Terre des Hommes. Les tambours du Rwanda roulent et leur résonance se propage, comme les tam-tams dans la jungle, sur divers points de l’emplacement. Les danseurs Itore, vêtus de peaux de léopard, pieds nus et portant des grelots aux jarrets, se contorsionnent, infatigables. Les danseuses portent des coiffures qui diffèrent, selon qu’elles sont mariées ou célibataires. Tout ce folklore authentique revêt une signification précise dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Les troupes, excellentes, ont été soigneusement sélectionnées par le commissaire général du pavillon.

Visite du président du Rwanda, Grégoire Kayibanda. - 9 août 1967. VM94-X043-036. Archives de la Ville de Montréal.

Visite du président du Rwanda, Grégoire Kayibanda. – 9 août 1967. VM94-X043-036. Archives de la Ville de Montréal.

Le président de la Foire de New York 1964-65, monsieur Robert Moses, est de passage. Il se montre très volubile lorsqu’il parle de « sa foire » et des foires en général, mais devient moins loquace lorsqu’il s’agit de l’Expo 67. Il trouve l’ensemble « intéressant et stimulant », mais s’étonne du volume et de la patience des foules qui endurent un certain inconfort. Cette attitude exemplaire de la foule doit avoir un motif. « L’intérêt peut-être? », lui suggère-t-on; après tout, pourquoi pas! De toute façon, finit-il par concéder, l’Expo de Montréal peut rivaliser avec la foire de New York, d’autant plus qu’elle dispose de deniers publics « et cela, c’est un énorme avantage ». Incontestablement.

 Cinq cents sourds-muets visitent l’Expo. Ils viennent de toutes les parties du monde pour assister à une conférence internationale à Montréal. Une jeune hôtesse leur sert de guide, car, fait rare à l’Expo, sa connaissance du langage par signes pour les malentendants lui permet d’établir les contacts nécessaires.

Au pavillon de l’URSS, madame Vorontsova traite de la femme en Union soviétique.

Dans le même ordre d’idée, deux autres conférences au pavillon de l’Hospitalité et du Gaz naturel. La Dre Ashley Montagu donne la première en abordant le vaste sujet de la supériorité naturelle des femmes. Ensuite, madame Ménie Grégoire, écrivaine française siégeant au comité national chargé d’étudier les problèmes de la femme qui travaille, traite de la femme dans le monde moderne.

Au Festival du film, à l’Expo Théâtre, Les matins d’un enfant sage, premier film d’un jeune réalisateur roumain, Andrei Blaier, et Terre en transe, du brésilien Glauber Rocha (Prix Luis Buñuel) et, en première mondiale, Le Ballon, film bulgare de Binka Zhelyazkova.

Pour le Festival mondial, à la salle Pelletier, première nord-américaine de l’Opéra Bolshoi, de Moscou, sous la direction de Mikhail Tchoulaki, dans Boris Godunov, de Moussorgsky [jusqu’au 30 août].

Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le Up With People, de Los Angeles; le Roy C. Ketcham High School Band, de New York et le Pictou Community Centrettes, de Nouvelle-Écosse; L’Harmonie de Beauharnois et La Symphonie vocale de la Fraternité des policiers, de Montréal.

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Jour 106
Vendredi 11 août 1967 : Journée nationale du Tchad
Météo : temps couvert/pluie, 61 ° F (16 °C) – 63 °F (17 °C)
263 207 visiteurs

Le commissaire général, Pierre Dupuy, atteint d’une laryngite, se fait remplacer par monsieur Robert Shaw pour accueillir l’hôte officiel, monsieur Boukar Abdoul, ambassadeur de son pays à Washington. Au cours de son allocution à la Place des Nations, il souligne le précieux appui que l’amitié d’une grande nation comme le Canada représente pour un jeune État et y voit un facteur supplémentaire de rapprochement et de fraternité.

Devant la place d'Afrique. 1967. P141-1-D35-P005. Archives de la Ville de Montréal.

Devant la place d’Afrique. 1967. P141-1-D35-P005. Photo de Guy Bouthillier. Archives de la Ville de Montréal.

Les dignitaires parcourent ensuite la Place d’Afrique où un curieux couple de ménestrels, munis d’un banjo et d’une guitare, leur font la sérénade. Ces artistes trop zélés, en voie de devenir importuns, sont alors écartés par la police. Aucun spectacle n’est prévu pour l’après-midi.

Sur la place d'Afrique. 1967. P141-1-D35-P003. Archives de la Ville de Montréal.

Sur la place d’Afrique. 1967. P141-1-D35-P003. Photo de Guy Bouthillier. Archives de la Ville de Montréal.

Quatre canoéistes, dont l’un est descendant de Louis-Joseph Papineau, sont reçus officiellement au pavillon des provinces de l’Ouest. Partis de Rocky Mountain House en Alberta, ils ont suivi le chemin des grands voyageurs d’antan, qu’empruntera ultérieurement une autre expédition, organisée celle-là pour marquer le Centenaire du Canada.

Au pavillon de l’URSS, débat ouvert au public sur le thème : Où en est l’URSS à l’heure actuelle, suivi, au pavillon de France, par une conférence de monsieur Léonce Peillard intitulée Comment on écrit l’histoire.

Les visiteurs oisifs, s’il y en a, sont invités à aller voir, au pavillon de l’Hospitalité, des Esquimaudes qui sculptent de la saponite, en suivant les règles de cet art.

À l’Expo Théâtre, ouverture du cinquième Festival du cinéma canadien. Ce festival est ouvert à tous les films canadiens ayant été montrés publiquement au Canada entre le 4 août 1966 et le 12 août 1967. Aujourd’hui, deux longs métrages : Il ne faut pas mourir pour ça, un film psychologique de Jean-Pierre Lefebvre et Warrendale, d’Allan King. Était aussi inscrit au programme, un troisième film, High, de Larry Kent. Une décision récente de la censure en a interdit la projection dans le cadre du Festival, sans autre explication.

La ministre de la Culture soviétique, madame Ekaterina Furtseva, dirige la délégation du Bolshoi arrivée cette semaine : 429 personnes, dont ses plus brillantes étoiles, son célèbre corps de ballet, son orchestre au grand complet, ses choeurs et ses équipes techniques. Une prestigieuse contribution au Festival mondial de l’Expo.

À la salle Wilfrid Pelletier, dans le cadre du Festival mondial, Guerre et Paix, l’opéra de Serge Prokofiev, par la troupe de l’Opéra Bolshoi.

Dans les kiosques à musique, les groupes suivants : le Rivers Boys Pipe Band, de Rivers, Manitoba; la chorale Choeur Joie, de Drummond, Nouveau-Brunswick; le Five Squares, de Moncton, Nouveau-Brunswick et le Ukranian Democratic Youth Association Choir, de Montréal.

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Jour 107
Samedi 12 août 1967
Météo : temps ouvert/clair, 63 °F (17 °C) – 71 °F (21,5 °C)
352 371 visiteurs

Pas d’hôte officiel, aujourd’hui, sur la liste du protocole de l’Expo 67, mais une visiteuse qui n’en croit pas sa bonne fortune et en bégaie d’émotion. Il s’agit du 30 millionième visiteur, madame Broderick, de Toronto. Accueillies au tourniquet de la Place d’Accueil par monsieur Philippe de Gaspé Beaubien qui lui offre un bouquet d’oeillets, elle et sa famille ne cesseront d’être pendant deux jours, l’objet d’attentions, d’égards, voire d’honneurs. Elle se promène en calèche, escortée de deux gardes de la Gendarmerie royale à cheval, on la comble de cadeaux, on l’invite dans plusieurs restaurants et elle peut enfin passer, la tête haute, devant les queues patientes et résignées, suscitant autour d’elle une sorte d’envie bienveillante. Car, après tout, toutes les foules du monde savent que la chance est capricieuse, qu’elle ne suit aucune loi et se fait rarement annoncer.

Dans le cadre de la semaine des Antilles organisée par la participation française, monsieur Raymond Cibolin, attaché culturel auprès du Préfet de la Guadeloupe, présente des films et évoque les îles, ce rêve tropical des populations nordiques. Il ne manque pas de parler, bien entendu, de JoséphineTascher de la Pagerie, la belle créole qui fut impératrice de France.

On annonce une réduction des entrées dans les manèges de La Ronde pour permettre à la famille moyenne de mieux en profiter. De dix heures à midi, par exemple, un billet simple admet deux personnes.

La Ronde, la Pitoune. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_1P053. Archives de la Ville de Montréal.

La Ronde, la Pitoune. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_1P053. Archives de la Ville de Montréal.

Montréal envoie ses artistes à Terre des Hommes. Le baryton Robert Savoie donne un récital au pavillon du Canada tandis que l’Orchestre symphonique de Montréal continue sa série de concerts Sérénade estivale, au Kiosque E.

La Ronde. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_1P054. Archives de la Ville de Montréal.

La Ronde. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_1P054. Archives de la Ville de Montréal.

À l’Expo Théâtre, deuxième et dernière journée du Festival du cinéma canadien. Au programme, deux longs métrages : Le règne du jour de Pierre Perrault, histoire de deux êtres qui ont atteint un équilibre de vie aussi parfait que possible, compte tenu des circonstances. Et Entre la mer et l’eau douce, de Pierre Patry, dont le thème porte sur le potentiel non libéré d’un homme, reflet de celui d’un peuple.

Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le Lyncourt Select Band, de Syracuse et le Green Sabers Drum and Bugle Corps, de Schuryville, État de New York; les Majorettes des Aigles d’Or, de Sherbrooke; le Chœur des Midinettes et le Croatian Folklore Group, tous deux de Montréal.

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Jour 108
Dimanche 13 août 1967
Météo : temps couvert/clair, 67 °F (19,5 °C) – 76 °F (27,5 °C)
357 379 visiteurs

Une belle affluence pour une journée tranquille.

À l’Expo Théâtre, première de la Rétrospective mondiale du cinéma d’animation qui durera jusqu’au 18 août. Les amateurs auront un large choix parmi les oeuvres des cinéastes de tous les pays du monde.

À la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts, les artistes de l’Opéra Bolshoï de l’URSS, excellent dans la représentation de l’opéra La légende de la cité invisible de Kitegh, de Rimsky-Korsakov.

Uma Sharma, jeune danseuse indienne, donnera chaque jour à 19 h, d’ici la fin de l’Expo, un récital de danse au pavillon de l’Inde, accompagnée de trois musiciens, dans le style classique kathak.

Pavillon de l'Inde. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P073. Archives de la Ville de Montréal.

Pavillon de l’Inde. 1967. Photo de Gilbert Ouellet. P123_2P073. Archives de la Ville de Montréal.

Les groupes amateurs égaient les visiteurs dans les différents kiosques; parmi eux, notons : le River Boys’ Pipe Band, du Manitoba; la Chorale Choeur-Joie, de Drummond, Nouveau-Brunswick; le Kensington Lions Band, de Summerside, Île-du-Prince-Édouard; Les Jouvencelles, de Québec;  le Raving Mad et La Troupe Lyrique du Centre, tous deux de Montréal.

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Jour 109
Lundi 14 août 1967
Météo : temps couvert/clair, 69 °F (20,5 °C) – 71 °F (21,5 °C)
299 831 visiteurs

Une quinzaine d’hôtesses du pavillon de l’Inde présentent aujourd’hui les plus beaux costumes des différentes régions du pays. Défilé qui révèle aux spectatrices et spectateurs une richesse de soieries, de bijoux, de broderies travaillées avec un raffinement insurpassable.

Journée de l'Inde à Terre des Hommes avec spectacle de danse indienne. 1968. VM94-EX137-0460. Archives de la Ville de Montréal.

Journée de l’Inde à Terre des Hommes avec spectacle de danse indienne. 1968. VM94-EX137-0460. Archives de la Ville de Montréal.

Deux navires s’amarrent au quai Mark-Drouin : l’escorteur d’escadre canadien Saguenay en visite jusqu’au 5 septembre et le navire-école russe USSR Zenit, dont le départ est fixé au 17 août.

Au cours de cette journée, l’Expo 67 accueille un célèbre physicien japonais, prix Nobel de physique en 1949, le professeur Hideki Yukawa qui donne une conférence sur La pensée créatrice en science dans le cadre de la série des conférences internationales MacLean-Hunter, à l’Auditorium Du Pont.

Le Festival mondial bat son plein et les spectacles sont nombreux aux différents théâtres. Au théâtre Maisonneuve, des solistes réputés de l’URSS se sont fait entendre, alors qu’à l’Expo Théâtre, on présente le film Don’t Look Back de l’Américain D.A. Pennebaker, mettant en vedette Bob Dylan et Joan Baez; et, en première mondiale, Le retour du fils prodigue, film réalisé par le célèbre Evald Schorm de Tchécoslovaquie.

Les kiosques à musique attirent toujours des foules. Les groupes amateurs viennent nombreux et le public leur fait de véritables ovations. Aujourd’hui : le School Band of America, de Bloomington, Illinois; Out of the Blue, de Flin Flon, Manitoba; le Kingsville & Essex Associated Band, de Kingsville, Ontario; Les Éclaireurs de Dolbeau, Québec et Les Châtelaines de Laval, Québec.

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Jour 110
Mardi 15 août 1967 : Journée nationale de l’URSS
Météo : temps clair, 72 °F (22 °C) – 76 °F (24 °C)
393 360 visiteurs

Visite du premier vice-président du Conseil des Ministres de Russie, Dimitri Polyansky (avec le maire Jean Drapeau et Lucien Saulnier). - 14 août 1967. VM94-X044-040. Archives de la Ville de Montréal.

Visite du premier vice-président du Conseil des Ministres de Russie, Dimitri Polyansky (avec le maire Jean Drapeau et Lucien Saulnier). – 14 août 1967. VM94-X044-040. Archives de la Ville de Montréal.

Le commissaire général de l’Expo 67, monsieur Pierre Dupuy, accueille monsieur D.S. Polyansky, premier vice-président du Conseil des ministres, représentant officiel de monsieur N.V. Podgorny, président du Présidium du Soviet suprême de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Suite aux cérémonies protocolaires, 80 artistes offrent le spectacle Festival des Nations de l’URSS. Au cours de la journée, monsieur Polyansky visite les pavillons du Canada, du Québec et de l’Ontario.

Visite du premier vice-président du Conseil des Ministres de Russie, Dimitri Polyansky (avec le maire Jean Drapeau). - 14 août 1967. VM94-X044-098. Archives de la Ville de Montréal.

Visite du premier vice-président du Conseil des Ministres de Russie, Dimitri Polyansky (avec le maire Jean Drapeau). – 14 août 1967. VM94-X044-098. Archives de la Ville de Montréal.

Un autre pays célèbre aujourd’hui un anniversaire. Il s’agit de l’Inde qui commémore ses vingt ans d’indépendance nationale par des festivités qui ont débuté ce matin, à 9 heures pour se terminer à 22 heures par une réception au pavillon.

Un acte de vandalisme au pavillon du Mexique: on y a brisé une statue évaluée à 3 000 $.

Depuis lundi, un ensemble algérien de quatre musiciens, un chanteur et deux danseuses offre un spectacle entre 19 et 22 h 30, au pavillon de l’Algérie.

À l’Expo Théâtre, le film yougoslave d’Aleksander Petrovic J’ai même rencontré des Tziganes heureux, Prix spécial du jury au Festival de Cannes 1967, remporte un vif succès.

Dans le cadre du Festival mondial, à la salle Wilfrid Pelletier, le Festival des Nations de l’URSS présente un spectacle avec le concours de l’orchestre et des solistes du théâtre Bolshoï, de la chorale Veriovka et des artistes des quinze républiques soviétiques.

Au théâtre Maisonneuve, c’est de la musique électronique et des films expérimentaux avec Musique moderne, un spectacle de la République fédérale d’Allemagne.

Dans les kiosques à musique, en plus des spectacles donnés par le Festival des Nations de l’URSS, on remarque le Westlock School Concert Band, de l’Alberta et Les Pastoureaux de Chambord, du Québec.

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Jour 111
Mercredi 16 août 1967
Météo : temps clair/couvert, 61 °F (16 °C) – 72 °F (22 °C)
359 432 visiteurs

À la suite d’une polémique dans les journaux au sujet d’un soi-disant « microbe » de l’Expo dont auraient été victimes plusieurs visiteurs, dont des Américains, le docteur Lamquin, de Montréal, a nié l’existence de ce microbe. « Ce n’est pas un microbe, dit-il, c’est tout simplement un refroidissement dû à l’humidité des îles ».

Un malheur assombrit la joie qui règne à Terre des Hommes; une jeune femme se jette du pont Jacques-Cartier sur le terrain de l’Expo.

Cent cinquante étudiants de l’Université d’État Wayne, de Détroit, arrivent pour passer cinq jours à l’Expo, voyage qu’ils ont gagné sou par sou et qui est organisé dans le cadre du cours d’été spécial de cette université. Détendus et blagueurs, ils déambulent avec bonheur sur la Terre des Hommes.

Les hôtesses et les guides de l’Expo ont de l’énergie à revendre. En plus de s’occuper des visiteurs, les voilà qui fondent leur propre club pour se mieux connaître. Bonne chance!

Hôtesses, pavillon du Québec. 1967. P62-1-1-D5-141. Archives de la Ville de Montréal.

Hôtesses, pavillon du Québec. 1967. P062-1-1_005-141. Archives de la Ville de Montréal.

On rappelle aujourd’hui la découverte de la première pépite d’or au Klondike. Courte manifestation pleine d’entrain à laquelle se prête le commissaire général de l’Expo, au petit pavillon du Territoire du Yukon. Monsieur Dupuy s’entretient par téléphone avec le commissaire du pavillon, monsieur James Smith, qui lui parle depuis Dawson City. Puis la délégation du Yukon part à la découverte des autres pavillons de l’Expo.

Mais, c’est l’art sous toutes ses formes qui semble avoir primé. Au cours de l’avant-midi, le professeur Guy Dozois, directeur du Thème de l’Expo 67, a présidé à la cérémonie du lancement de l’album Terre des Hommes signé Gabrielle Roy. Cet ouvrage de luxe renferme toute l’information relative aux cinq pavillons thématiques de l’Expo.

Dans le domaine des arts également, une brève cérémonie accompagne l’inauguration du Salon international de dessins d’enfants. Ce salon, groupant 450 dessins d’enfants de toutes les parties du monde, se tient à la Place des Nations jusqu’au 29 octobre inclusivement.

À l’Auditorium Du Pont, John Kenneth Galbraith parle de l’économie et de la société urbaine, dans le cadre des conférences internationales MacLean-Hunter. Monsieur Galbraith fut l’un des conseillers économiques du président des États-Unis, John Kennedy.

Au pavillon de L’Homme et la musique, lancement de l’ouvrage Une expérience audiovisuelle avec démonstration en séance.

Dans le cadre du Festival mondial, Le Festival des Nations de l’URSS triomphe à la salle Wilfrid Pelletier.

À l’Expo Théâtre, le film polonais La Barrière du réalisateur Jerzy Skolimoswki, gagnant du grand prix du festival de Bergame, fait salle comble.

D’autre part, de nouveaux groupes amateurs font leur apparition dans les kiosques à musique : le Taylor Maids et le After Fours, de Toronto et L’Union Musicale, de Joliette.

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Jour 112
Jeudi 17 août 1967
Météo : temps clair, 66 °F (19 °C) – 79 °F (26 °C)
308 027 visiteurs

Peu d’activités aujourd’hui.

Un dragueur de mines américain et le contre-torpilleur canadien HMCS Skeena s’amarrent au quai Mark-Drouin.

Conférence sur l’économie soviétique, par le professeur V. Scutchenko, au pavillon de l’URSS.

Le huitième Festival international du film se poursuit avec la projection de Une histoire d’amour, réalisation espagnole de Jorge Grau et, à l’affiche de la Rétrospective mondiale du cinéma d’animation : Rien ou de l’économie, La grande époque des Warner Bros et Dix personnalités du cartoon américain.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-021. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-021. Archives de la Ville de Montréal.

Au pavillon de la Jeunesse, la rétrospective des films de Norman McLaren de l’Office national du film prend fin avec la présentation de sept courts métrages au Cinéma-minuit.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-010. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1967. Photo de Patricia Ling. P132-2_021-010. Archives de la Ville de Montréal.

Dans le cadre du Festival mondial, des vedettes de l’Ukraine donnent des spectacles au théâtre Maisonneuve. Ces spectacles prendront fin le 19 août.

Chez les groupes amateurs, dans les kiosques de l’Expo, on remarque : le Woodrow Wilson High School Concert Band, de la Virginie; le Jefferson High School Band, de Lafayette, Indiana; le Saskatoon Boys’ Pipe Band, de la Saskatchewan et La Symphonie vocale de la Fraternité des Policiers, de Montréal.

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Jour 113
Vendredi 18 août 1967
Météo : temps couvert/pluie, 76 °F (24,5 °C) – 67 °F (19,5 °C)
241 346 visiteurs

Un écolier d’Aurora, Illinois, fait parler de lui. Les autorités de son école organisent un voyage annuel pour les étudiants. Or, le directeur de l’école choisit Washington plutôt que Montréal et l’Expo 67, disant que Montréal n’était pas une ville pour des écoliers. L’étudiant a donc écrit à l’Expo en demandant que la Compagnie de l’Expo fasse des pressions auprès du directeur pour qu’il revienne sur sa décision. La tâche de convaincre le directeur de l’école a été confiée à monsieur Michael Dibben, du service de l’Information de l’Expo 67. Souhaitons que le directeur se laisse convaincre.

Deux jeunes Américains de 17 ans, Jerry Cullers et Richard Scarlett, de Seattle, sur la côte du Pacifique, n’ont pas hésité à prendre les grands moyens pour voir l’Expo. En deux mois, ils ont franchi la distance de 2 991 milles à bicyclette.

Le Festival mondial suscite l’enthousiasme. Ainsi, à la salle Wilfrid Pelletier, l’opéra Bolshoï de Moscou triomphe ainsi que les vedettes de l’Ukraine font salle comble.

Vive l’animation et U.P.A. et sa suite, constituent les derniers événements de la Rétrospective mondiale du cinéma d’animation à l’Expo Théâtre. Là aussi on présente deux films en première mondiale : L’Enfant trouvé, du réalisateur George Moorse, de l’Allemagne de l’Ouest, et Le dirigeable vole, du réalisateur tchécoslovaque Karel Zeman. Ces deux films clôturent le huitième Festival international du film qui a connu un véritable succès.

Au pavillon de la Jeunesse, l’Union internationale des étudiants de Prague s’est réunie en atelier de travail au Cinéma-théâtre et a rencontré ensuite les membres de l’Union générale des étudiants du Québec.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1968. VM94-EX137-0832. Archives de la Ville de Montréal.

Au Pavillon de la Jeunesse. 1968. VM94-EX137-0832. Archives de la Ville de Montréal.

La distance ne compte toujours pas pour les groupes amateurs en visite à l’Expo. Les nouveaux venus d’aujourd’hui sont : le Curry College Concert Choir, de Milton, Massachusetts; le Central Parkway YMCA Youth Symphonic Band, de Cincinnati, Ohio; le Confederation Centre Choir, de Charlottetown et le Royal Canadian Legion Choir, tous deux de l’Île-du-Prince-Édouard; la Maîtrise de la Cathédrale, de Trois-Rivières, Québec, et le Four Alouettes, de Montréal.

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Jour 114
Samedi 19 août 1967
Météo : temps couvert/clair, 69 °F (20,5 °C) – 71 °F (21,5 °C)
299 831 visiteurs

On annonce la mise en vente de la goélette de 47 pieds, l’Atlantica, en construction à l’extérieur du pavillon des provinces de l’Atlantique depuis le début de l’Expo. Elle est évaluée à 50 000 $, entièrement équipée. Elle doit être lancée le 11 octobre prochain.

Pêche à l'Île Notre-Dame . - 27 juillet 1968. Photo par Gordon Beck. VM94-EX181-003. Archives de la Ville de Montréal.

Pêche à l’Île Notre-Dame . – 27 juillet 1968. Photo par Gordon Beck. VM94-EX181-003. Archives de la Ville de Montréal.

Les amateurs de pêche s’en sont donné à coeur joie à l’Expo. Un concours de pêche au parc Notre-Dame a ramené de nombreuses truites, de 6 à 8 pouces de longueur, qui ont fini dans l’assiette!

Au cours de la partie de pêche à l'Île Notre-Dame . - 27 juillet 1968. Photo par Gordon Beck. VM94-EX181-009. Archives de la Ville de Montréal.

Au cours de la partie de pêche à l’Île Notre-Dame . – 27 juillet 1968. Photo par Gordon Beck. VM94-EX181-009. Archives de la Ville de Montréal.

Deux délégations de scouts, l’une composée d’une trentaine d’Africains et l’autre d’une quarantaine de scouts de Formose, sont en visite à l’Expo aujourd’hui et demain.

Le maire d’Osaka, monsieur K. Chuma, est arrivé à Montréal. Tout en visitant notre Expo, il anticipe sans doute en même temps son Expo 70. Cela arrivera très bientôt! [Rappelons ici que la convention du Bureau international des expositions évite que deux expositions de première catégorie ne soient trop rapprochées. En général, la fréquence est de cinq ans. Toutefois, pour Osaka, le BIE a estimé acceptable un délai de trois ans parce que cette exposition se tenait sur un autre continent, de surcroît où aucune exposition reconnue n’avait encore eu lieu. Mais la fréquence peut aussi être très longue; par exemple, le Canada ne pouvait tenir une deuxième exposition avant quinze ans.]

Dans le cadre des conférences et démonstrations scientifiques pour les jeunes à l’Auditorium Du Pont, le Dr J.W. Apsimon, de l’Université Carleton, a prononcé une conférence sur la chimie intitulée The Molecules of Nature.

Le Festival mondial s’est poursuivi avec les représentations suivantes: à la salle Wilfrid Pelletier, le Bolshoï présente La Dame de Pique, de Tchaïkovsky; les vedettes de l’Ukraine terminent leur série de spectacles au théâtre Maisonneuve; le Festival de musique de chambre se termine avec l’orchestre de la Société Radio-Canada au théâtre Port-Royal.

Un nouveau venu à l’Expo Théâtre : Don Messer avec son Jubilee Show, débute sa prestation de deux jours.

Jazz et poésie (Jazz-Po) font cause commune; Maguirou a chanté les poètes québécois Paul Chamberland, Michel Beaulieu, André Brochu et Jan Depocas, sur de la musique de Walter Boudreau.

Au Cinéma-théâtre, c’est la première séance du « Festival des Refusés du Festival » qui présente des films soumis au concours du Festival du cinéma canadien. L’autre séance est fixée à dimanche prochain.

Se sont fait entendre aux kiosques à musique : le Peoria Parks Recreation Department Summer Band, de l’Illinois; le Summerside Legion Concert Band, de l’Île-du Prince-Édouard et le Ups and Downs, de Pierrefonds, Québec.

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Jour 115
Dimanche 20 août 1967
Météo : temps couvert/pluie, 62 °F (16,5 °C) – 63 °F (17 °C)
287 848 visiteurs

La personnalité marquante en visite à l’Expo aujourd’hui est madame Lyndon B. Johnson, épouse du président des États-Unis, qui passera deux jours à visiter l’Exposition. Au terme de sa première journée, Lady Bird s’est dite émerveillée par la splendeur de l’Expo. Cette journée s’est déroulée sans incident et madame Johnson anticipe une autre intéressante journée demain.

Lors de la précédente visite du président des États-Unis, Lyndon B. Johnson, le 25 mai 1967. VM94-X018-071. Archives de la Ville de Montréal.

Lors de la précédente visite du président des États-Unis, Lyndon B. Johnson, le 25 mai 1967. VM94-X018-071. Archives de la Ville de Montréal.

Monsieur Philippe de Gaspé Beaubien, directeur de l’Exploitation de l’Expo, prévoit qu’au moins 45 millions de visiteurs auront franchi les tourniquets de l’Expo à la fermeture le 29 octobre prochain.

On signale un groupe de 165 Québécois habitant Los Angeles, en visite à l’Expo. Un avion spécialement nolisé à leur intention les a transportés à Montréal.

L’esquisse du plan directeur de la région de Montréal intitulé Montréal Horizon 2000 sera présentée vingt-cinq fois d’ici le 27 octobre dans sa version intégrale, à l’Auditorium Du Pont.

Les Japonais annoncent qu’ils préparent une manifestation grandiose pour la fin de l’Expo. L’événement s’intitule : Adieu Montréal – Bonjour Osaka. C’est dans cette ville japonaise que se tiendra l’Exposition universelle de 1970.

De nouveaux groupes amateurs divertissent les visiteurs à l’Expo : le Barrie Collegiate Band, de Barrie, Ontario; le Lovat Scots Pipe Band, de Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard et Les Étincelles, de Pincourt, Québec.

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