Chronique Montréalité no 32 : Le baseball à Montréal de 1860 à 1960

À tous les lundis et pour une troisième saison, une chronique des Archives de Montréal est présentée à l’émission Montréalité sur la chaîne MAtv (http://montrealite.tv/). Vous pourrez revoir les archives sélectionnées et aussi lire les informations diffusées et inédites. Regardez notre chronique à la télé et venez lire notre article sur archivesdemontreal.com.

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Joueur inconnu d'une équipe de Montréal, années 1920, P500-Y-1_024P011

Joueur inconnu d’une équipe de Montréal, années 1920, P500-Y-1_024P011

Les débuts

En 1860 sur le Champ de Mars, on jouait au Bat and Ball, un des ancêtres du baseball avec le Rounders.  Déjà connu en Ontario le long de la frontière américaine, ce sont les Franco-Américains venus étudier dans les collèges québécois qui propagent le baseball chez les francophones dans la région de Montréal à partir des années 1865-1870.

Au début de la décennie 1870, on dispose du Montreal Base Ball Club (MBBC). On joue à ce sport à l’Île Sainte-Hélène et les collèges Sainte-Marie et Saint-Laurent ont des équipes. D’ailleurs, le premier club francophone à voir le jour à Montréal est le Club Jacques-Cartier en 1873 qui regroupent des membres de l’Union des typographes.

Baseball à l'Île Sainte-Hélène, Candian Illustrated News, 1872, VM6-D1980-32-A

Baseball à l’Île Sainte-Hélène, Candian Illustrated News, 1872, VM6-D1980-32-A

Montreal Baseball Club en 1871 (tiré d'un journal du 22 août 1931), VM6-D1980-32-7

Montreal Baseball Club en 1871 (tiré d’un journal du 22 août 1931), VM6-D1980-32-7

Le National (ancêtre de la Palestre nationale), connu pour ses clubs de crosse et de hockey, met aussi sur pied un club de baseball.  En 1895, les dirigeants du National affirment que les parties jouées par le club sont aussi intéressantes que celles qui se jouent à New York, Boston ou Chicago.

Le club de baseball Le National, extrait du journal Le Monde illustré, 29 août 1896, VM6-D1980-32-6

Le club de baseball Le National, extrait du journal Le Monde illustré, 29 août 1896, VM6-D1980-32-6

Le baseball devient de plus en plus populaire auprès de tous les Montréalais et une ligue est même créée : la Montreal Amateur Base Ball League.  En 1898, la ligue de baseball de la province de Québec est fondée. Les municipalités de Saint-Jean, Sorel et Saint-Hyacinthe en font partie en compagnie de trois clubs montréalais dont le Mascotte qui possède un stade au coin des rues Ontario et Delorimier.

Les Royaux

En 1897, un club professionnel d’une ligue mineure américaine voit le jour à Montréal à la suite du transfert de l’équipe de Rochester de l’état de New York. Cette équipe ne possède pas de nom et joue au parc Atwater où se trouve aujourd’hui la Plaza Alexis-Nihon.

Le 24 juillet 1897, 4 000 personnes se déplacent au parc pour voir le lanceur Louis Belcourt, le premier Canadien français de l’équipe, remporter la première victoire de ceux qui deviennent les Royaux ou Royals.  L’année suivante, ils remportent leur premier championnat dans la Ligue Eastern (ancêtre de la ligue internationale).  Le club est évincé de la ligue en 1917 mais le baseball devient de plus en plus populaire, éclipsant la crosse comme sport d’été.

Équipe de Montréal, années 1920, P500-Y-1_024P012

Équipe de Montréal, années 1920, P500-Y-1_024P012

Il faut attendre l’année 1928 avant de voir renaître les Royaux grâce, entre autres, au ministre Athanase David, car le baseball est toujours populaire. Pour accueillir le club, les propriétaires achètent le terrain où jouait le club Le Mascotte et font construire le stade De Lorimier, pouvant accueillir 20 000 personnes et qui est, à l’époque, considéré comme supérieur à certains stades du baseball majeur.

Stade De Lorimier. 1936, VM94-Z135-1

Stade De Lorimier. 1936, VM94-Z135-1

En 1935, les Royaux remportent leur second championnat contre les Maple Leafs de Toronto. Quatre années plus tard, le club devient officiellement la filiale des Dodgers de Brooklyn. En 1945, ils sont à nouveau champion de la Ligue internationale avec une équipe qui comprend trois joueurs canadien-français : les montréalais Stan Bréard, Roland Gladu et Jean-Pierre Roy.

Les Royaux de Montréal, 1935, VM6-D1980-32-7

Les Royaux de Montréal, 1935, VM6-D1980-32-7

Le seul et unique Jackie Robinson

En 1946, Montréal est un témoin privilégié de l’un des moments-clés du sport professionnel et de l’histoire de l’Amérique : l’arrivée de Jackie Robinson dans le baseball professionnel.

En effet, au sortir de la Seconde guerre, la Major Baseball League ne compte que des joueurs blancs. Exclus, les Afro-Américains ont dû mettre sur pied des ligues professionnelles réservées aux Noirs, les Negro Leagues, à compter de 1920.

Le 23 octobre 1945, à la demande des Dodgers, le président des Royaux, Hector Racine, annonce l’embauche de Jackie Robinson. Il devient le premier Noir à signer un contrat dans le baseball professionnel.  Jackie et son épouse Rachel vont ainsi s’installer à Montréal. Le président Racine indique que «cela révolutionnera le monde du baseball». La nouvelle fait le tour de l’Amérique. Lors de la saison 1946, Jackie est l’un des favoris de la foule et il est porté à bout de bras lors de la conquête de la Petite Série mondiale.

Rachel et Jackie Robinson accueillis à l'hôtel de ville de Montréal par le maire Sarto Fournier, 11 septembre 1958, VM94-Z746-4

Rachel et Jackie Robinson accueillis à l’hôtel de ville de Montréal par le maire Sarto Fournier, 11 septembre 1958, VM94-Z746-4

L’année suivante, il fait son entrée chez les Dodgers et devient l’un des plus grands joueurs de l’histoire du baseball et un grand défenseur des droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. Toutefois, Jackie et son épouse Rachel n’oublieront jamais l’accueil des Montréalais et le 8232 avenue de Gaspé, là où ils demeuraient.

 Robinson accueillis à l'hôtel de ville de Montréal, 11 septembre 1958, VM94-Z746-4

Robinson accueillis à l’hôtel de ville de Montréal, 11 septembre 1958, VM94-Z746-4

La Ville et le baseball

À la fin des années 1940, la Ville s’intéresse de plus en plus à la mise en place d’activités sportives et de loisirs pour les jeunes montréalais en raison du baby boom. Les enfants sont partout et il faut les encadrer.  On aménage des parcs où les jeunes peuvent jouer au baseball. Des ligues se créent.

Aménagement du parc de l'Alma (devenu parc de Gaspé), photo d'Albert J. Giroux, 1946, M105-ALPHA11-001

Aménagement du parc de l’Alma (devenu parc de Gaspé), photo d’Albert J. Giroux, 1946, M105-ALPHA11-001

En 1958, la Ville compte 45 terrains de baseball, dont 3 éclairés, pour 175 équipes qui regroupent 3 150 joueurs qui disputent près de 2 000 parties. Montréal a aussi plus de 5 000 joueurs de balle-molle.  Le stade du parc Jarry compte 3 000 places.

Jeune lanceur au parc La Fontaine, années 1950, VM105-NUM2-001

Jeune lanceur au parc La Fontaine, années 1950, VM105-NUM2-001

Le départ des Royaux

Dans les années 1950, les Royaux remportent 4 championnats de la Ligue internationale et une Petite série mondiale.  Des joueurs comme Roberto Clemente et Don Drysdale deviendront des membres du Temple de la renommée du baseball après de brillantes carrières dans le baseball majeur. Mais la concession bat de l’aile. Lorsque les Dodgers déménagent à Los Angeles en 1957, le club-école de Montréal devient moins intéressant.

Le 7 septembre 1960, les Royaux jouent leur dernier match au déjà vieux stade De Lorimier devant seulement 1 000 spectateurs. Partie qu’ils perdent 7 à 4. C’est la fin. L’équipe est transférée à Syracuse.

Avenue et stade De Lorimier, années 1930, VM6,R3329-2_2000-006

Avenue et stade De Lorimier, années 1930, VM6,R3329-2_2000-006

Sources 

Brown, William. Les fabuleux Royaux : Les débuts du baseball professionnel à Montréal. Éditions Robert Davies, 1996.

Carpentier, Patrick. «La première saga du baseball à Montréal». Sport et société. 2011. http://www.sportetsociete.com/actualites/41/ (page consultée le 23 mars 2015).

Carpentier, Patrick. «Le baseball à Montréal au 19e siècle». Sport et société. 2012. http://www.sportetsociete.com/actualites/221/ (page consultée le 23 mars 2015).

Coupal, Éric. Baseball, américanité et culture populaire : histoire du baseball à Montréal 1860-1914. Maîtrise en histoire UQAM, 2001.  http://quebec.sabr.org/articles_coupal1.htm (page consultée le 23 mars 2015).

Coupal, Éric et Josée Lefebvre. «1,2,3…retiré! Le baseball professionnel à Montréal» in Montréal Clic. Centre d’histoire de Montréal. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=2497,3090524&_dad=portal&_schema=PORTAL (page consultée le 23 mars 2015).

Gosselin, Gerry. The Montreal Royals since 1890 = Les Royaux de Montréal depuis 1890. 1949.

Janson, Gilles. Emparons-nous du sport. Les Canadiens français et le sport au 19e siècle. Éditions Guérin, 1995.

Lafontaine, Gilles. « Jackie Robinson à Montréal ou comment la face de l’Amérique changea ». Archives de Montréal, 2004. http://archivesdemontreal.com/2004/10/28/jackie-robinson-a-montreal-ou-comment-la-face-de-lamerique-changea/ (page consultée le 23 mars 2015).

Lafontaine, Gilles. « Jackie Robinson : de l’homme à la légende ».  Archives de Montréal, 2004. http://archivesdemontreal.com/2004/11/11/jackie-robinson-de-lhomme-a-la-legende/ (page consultée le 23 mars 2015).

Society for American Baseball Research – Québec (SABR-Québec).  http://quebec.sabr.org/ (page consultée le 23 mars 2015).

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Une réponse à Chronique Montréalité no 32 : Le baseball à Montréal de 1860 à 1960

  1. claude carbonneau dit :

    Bonjour j ai besoin d information sur une photo que j ai de mon pere qui jouait au baseball pour un club qui portais le nom de st therese, si je me rapelle bien il me disait qu,il pratiquaie au stade de lorimier dans les annee 40, je ne trouve rien sur ce club svp avez vous de l information svp,merci de votre collaboration et au plaisir.

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