Louis Cyr, policier et hôtelier à Sainte-Cunégonde, 1883-1888

Grâce au film Louis Cyr : L’homme le plus fort du monde, vous pourrez, dès demain, connaître l’histoire d’un homme devenu légendaire par sa force physique. Toutefois, ce qui nous intéresse ici est la période où il a habité l’île de Montréal, durant les années 1880.

Engagement du constable Louis Cyr par la ville de Sainte-Cunégonde, 1885. P27,SD,SS1,D25,P1166-002

Parmi ses nombreux métiers, Louis Cyr a été constable pour le service de la police et du feu de Sainte-Cunégonde de 1883 à 1885. À cette époque, Sainte-Cunégonde (annexée à Montréal en 1905) est au prise avec de réels problèmes de délinquance. Des groupes font la vie difficile aux habitants et aux autorités. En embauchant l’imposant Louis Cyr, on espère peut-être faire peur à ces malfaiteurs.

Les voyous de Sainte-Cunégonde, souvent armés, aiment défier les policiers. Les policiers, eux, sans armes, se retrouvent alors dans des situations souvent très dangereuses. Louis Cyr a entre autre subi les assauts de malfaiteurs sur la rue Workman, entre Vinet et des Seigneurs, en septembre 1885. Après avoir été la cible d’une autre attaque à la hache, Cyr donne sa démission au mois de décembre suivant.

Ce contrat d’engagement témoigne du passage de l’homme fort à Sainte-Cunégonde. En 1883, les embauches ne sont pas officialisées par écrit. C’est seulement en 1884 que le conseil de ville de Sainte-Cunégonde vote un formulaire pour officialiser les embauches des policiers et des pompiers. Tous les employés en signent un, dont Louis Cyr, en 1885.

Le 15 avril 1886, il dépose une requête au conseil de ville de Sainte-Cunégonde afin d’obtenir une licence d’hôtelier. Il devient ainsi propriétaire d’un hôtel et d’une salle d’athlétisme au 749 rue Saint-Joseph (Notre-Dame) jusqu’en 1888. Presque un mois auparavant, le 17 mars 1886, il a affronté David Michaud, alors connu comme l’homme le plus fort du monde. Avec son back-lift de 2 371 livre et sa levée d’un haltère de 218 livres à un bras, il défait son adversaire et obtient le titre tant convoité. Après cet exploit, nul doute que l’hôtel de Cyr attirait, si ce n’est des clients, des curieux…

Requête et certificat de Louis Cyr au Conseil de ville de Sainte-Cunégonde, 1886, P27,SD,SS1,D28,P1351-002

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2 réponses à Louis Cyr, policier et hôtelier à Sainte-Cunégonde, 1883-1888

  1. Anne-Marie Sigouin dit :

    Madame,
    Monsieur,

    Je suis Conseillère de la ville de Montréal dans l’arrondissement Le Sud-Ouest. Votre article a vivement suscité mon intérêt, car nous travaillons actuellement à l’élaboration d’un programme de plaques commémoratives et panneaux historiques, et nous souhaitons souligner entre autres la présence de Louis Cyr dans l’ancien quartier de Sainte-Cunégonde (aujourd’hui Petite-Bourgogne) en tant que membre de la force constabulaire de l’époque.

    Par soucis de rigueur historique, j’aimerais connaître l’emplacement du service de police et des incendies avant la construction de l’édifice sur la rue Vinet coin Notre-Dame (ancien hôtel de ville (aujourd’hui Centre culturel Georges-Vanier), 1905). Je n’ai eu que des informations verbales jusqu’à maintenant à l’effet que le poste de police/pompiers des années 1880-90 dans ce secteur aurait été situé au coin des rues Quesnel et Vinet. Seriez-vous en mesure de me transmettre des informations qui pourraient corroborer ce témoignage ?

    Je vous remercie à l’avance pour votre collaboration et vous souhaite une très bonne journée !

    Anne-Marie Sigouin
    Conseillère de la ville, district de Saint-Paul – Émard
    Présidente du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) de l’arr. Le Sud-Ouest
    Porte-parole de l’Opposition officielle en matière de patrimoine
    Membre de la Commission sur la Culture, le patrimoine et les sports

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