Montréal passé et présent no 6 – Le refuge Meurling

Le refuge Meurling, 1932, VM94-Z473

423, rue du Champs-de-Mars (tiré de Google Street View)

Pour sa 6e chronique « Montréal passé et présent », Archives de Montréal, s’attarde sur une institution de longue date : le refuge Meurling. Les photos qui vous sont ici présentées représentent l’édifice du refuge, au moment où il loge au 423 de la rue du Champ-de-Mars. Le premier cliché date de 1933 et nous montre une file de chômeurs devant l’édifice;  le second, provient de Google Street View, montre l’édifice tel qu’il est aujourd’hui.

Dans les années 1910, la succession de Gustave Meurling qui lègue à la Ville un montant de 72 249,19$, à la condition de servir à des fins charitables. Fait étonnant, cet homme n’est pas un habitant de Montréal, mais un riche voyageur établi dans le sud de la France qui avait apprécié un séjour dans notre métropole. La Ville, suite à ce legs, décide alors de bâtir un refuge pour les indigents. La construction, réalisée entre 1913 et 1914, coûte 180 200 $ (ce qui représenterait une somme d’environ 3 625 000 $ de nos jours) et l’excédent est déboursé par la Ville.

L’époque à laquelle a été prise cette photo est celle de la grande crise économique des années 30, décennie qui eu un impact majeur au refuge Meurling. Dès son année d’ouverture, le 23 mars 1914, le refuge fournit 65 652 couchers et 142 590 repas. En 1928, juste avant la crise, ce nombre atteint désormais 120 877 couchers et 251 544 repas annuels et, l’année suivant le krach, en 1930, on sent tout de suite le contrecoup de cet événement. Le nombre de couchers et de repas double presque pour atteindre le nombre faramineux de 214 723 couchers et de 442 479 repas dispensés dans l’année. En 1933, date du cliché, la situation ne s’est guère améliorée. Au cours de cette année, le refuge fourni pas moins 204 489 couchers et 435 518 repas, soit une moyenne quotidienne de 520 indigents qui passent la nuit au refuge et près de 1 200 repas servis chaque jour!

Le refuge Meurling, qui a occupé les locaux présentés sur la photo jusqu’en 1956, déménage cette années-là sur la rue Moreau, dans l’est de la ville. Le service du Bien-être social occupe ensuite l’édifice pendant plusieurs années. En 1984, les locaux, qui étaient inoccupés depuis un certain temps, ont été réaménagés pour devenir une coopérative d’habitation; la coopérative d’habitation Montérégie qui est toujours en activités de nos jours et regroupe 27 logements.

Une collaboration spéciale de Christine Benoît, stagiaire à la Section des archives de la Ville de Montréal

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