Perspectives allochtones sur les réalités autochtones : documents textuels

Par Anne-Marie Dubreuil

À la suite de la présentation des documents iconographiques et cartographiques de nos Archives pouvant participer à l’élaboration d’un « portrait cubiste » de l’histoire des peuples autochtones et des relations coloniales, nous nous intéresserons désormais aux principaux ensembles de documents textuels qui pourraient participer à cette démarche. Plus secrets de par leur description et leur diffusion actuellement moins étendues que celles des documents iconographiques, et probablement moins largement sollicités de par le défi que leur lecture peut poser, ces documents nous transmettent pourtant des perspectives allochtones fascinantes sur les réalités autochtones et l’histoire coloniale des XVIIIe et XIXe siècles. De plus, quoique nécessairement médiatisés par l’acte d’écriture de personnes allochtones, les propos de membres de nations autochtones sont rapportés dans plusieurs de ces documents, offrant la possibilité de déceler entre les lignes des perspectives autochtones issues de la fin du XVIIIe siècle.

Dossier « Vocabulaire huron-français » de la collection Philéas Gagnon (BM007-1-D36)

Vocabulaire Huron – Français, par Pierre-Philippe Potier, entre 1744 et 1752. Archives de la Ville de Montréal, BM007-1-D36 [extrait, p. 3].

Vocabulaire Huron – Français, par Pierre-Philippe Potier, entre 1744 et 1752. Archives de la Ville de Montréal, BM007-1-D36 [extrait, p. 3].

Inscrit au sein de l’importante collection de Philéas Gagnon précédemment présentée, ce dictionnaire huron-français a été rédigé par le missionnaire jésuite Pierre-Philippe Potier de 1744 à 1752, alors qu’il séjournait aux missions huronnes de l’île aux Bois-Blancs et de La Pointe de Montréal (aujourd’hui Windsor, Ontario).

Pour consulter le document en entier : https://archivesdemontreal.ica-atom.org/vocabulaire-huron-francais-1744-1752

Série « Documentation » du fonds Sir Louis-Hippolyte La Fontaine (SHM002-2)

Dans le cadre de son mandat de Procureur général du Bas-Canada de 1848 à 1851, Louis-Hippolyte La Fontaine a accumulé une documentation nécessaire à l’exercice de ses fonctions, dont plusieurs documents portant sur les requêtes et litiges administratifs ou territoriaux impliquant des groupes autochtones. Ainsi, un avis de l’avocat Antoine Polette nous renseigne sur la joute juridique opposant le seigneur Wurtele de la seigneurie De Guire aux Abénakis et Socoquis possédant une section de la seigneurie St-François qui leur fut autrefois concédée.

Rapport de A. Polette sur les droits des sauvages Abénakis et Socokis sur la seigneurie de St-François, copie de l’original créé le 10 juin 1845. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0154 [extrait, p. 4].

« Maintenant que Mons. Wurtele à réussi à obstiner par le moyen du jugement de la Cour d’Appel cette partie de la seigneurie de St François dans l’étendue de la qu’elle se trouve une parti de la demi lieue des Sauvages, il prétend que le tout lui appartient comme seigneur y compris les cens et rentes et autres droits seigneuriaux sur les terres concédées par ces derniers. C’est à cette prétention que les Sauvages resistent, et c’est afin de le faire avec succes qu’ils désirent connoitre leurs droits et les moyen les plus propres a les faire valoir. » Rapport de A. Polette sur les droits des sauvages Abénakis et Socokis sur la seigneurie de St-François, copie de l’original créé le 10 juin 1845. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0154 [extrait, p. 4].

Un autre document nous présente le démenti par M. Comte de plusieurs critiques adressées par les Algonquins du Lac des Deux-Montagnes à l’endroit du Séminaire de Saint-Sulpice; l’auteur insiste alors sur l’approche qu’il considère généreuse du Séminaire envers les Autochtones de cette seigneurie.

Remarques sur la pétition des Algonquins du Lac des Deux-Montagnes, 10 juin 1851. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0298 [extrait, p. 3].

« Pendant longues années, la chasse a suffi aux besoins des Sauvages; Mais la chasse diminuant par le défrichement des terres le long de la grande Rivière, le Séminaire a encouragé, aidé, de toutes manières, l’agriculture, et a fait, pour le défrichement des terres, pour fournir des semences, des instruments agricoles, des dépenses considérables. Les Iroquois s’y sont donnés plus volontiers, et sont beaucoup plus avancés; Les Algonquins forcés par la nécessité s’y sont mis aussi; et l’an dernier, ils ont travaillé avec courage et succès; Le Séminaire les a aidés de tout son pouvoir, et continue de le faire encore en leur fesant labourer leurs champs, leur fournissant les moyens de les ensemencer, et de quoi se nourrir pendant les travaux. » Remarques sur la pétition des Algonquins du Lac des Deux-Montagnes, 10 juin 1851. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0298 [extrait, p. 3].

Plusieurs rapports et notes témoignent quant à eux de la réaction des autorités coloniales aux requêtes formulées par des groupes mi’kmaqs, innus et algonquins relativement à l’octroi de terres réservées.

Notes à l'appui des requêtes qui ont été faites par les groupes autochtones qui habitent le nord de l'Ottawa pour obtenir deux terrains, l'un à la Rivière Gatineau, l'autre au nord du Lac Témiscaminque, avant 1854. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0373 [extrait, p. 1].

« 1e – Les Sauvages demandent avec intance un terrein suffisant pour se livrer à la culture Cette demande qu’ils font pour la première fois est d’un favorable augure; jusqu’à ce jour ils avaient résisté aux offres du gouvernement; mais les souffrances les privations de tous genre qu’ils endurent leur ont fait comprendre l’avantage ou plustôt la necessité d’une mesure qui est toute dans leur intérêt. » Notes à l’appui des requêtes qui ont été faites par les groupes autochtones qui habitent le nord de l’Ottawa pour obtenir deux terrains, l’un à la Rivière Gatineau, l’autre au nord du Lac Témiscaminque, avant 1854. Archives de la Ville de Montréal, SHM002-2-P0373 [extrait, p. 1].

Dossier « Amérindiens » de la collection Société historique de Montréal (SHM004-2-D02)

Les membres de la Société historique de Montréal ont cumulé au fil des décennies toutes sortes de documents d’archives relatifs à l’histoire canadienne. L’un des dossiers thématiques élaborés par l’organisation concerne l’histoire des peuples autochtones. On y retrouve six documents de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle : plusieurs d’entre eux témoignent des relations conflictuelles entre les Algonquins et Népissingues, et les Iroquois. Dans un extrait du conseil tenu par les Algonquins et les Népissingues à John Campbell en 1791, les membres de ces deux nations chargent le colonel d’intervenir afin d’empêcher les Iroquois de chasser sur leurs terres, affront qui, sans une action des autorités coloniales, pourrait mener à la reprise des conflits belliqueux.

« Depuis bien longtemps que les hiroquois pillent nos terres nous n’avons jamais osé porter nos plaintes jusqua toi de crainte de t’importuner : mais aujourd’hui que les dits hiroquois paroissent vouloir nous envahir nos endroits de chasse en y hivernant malgré nous, nous croyons être obligé, pour maintenir l union et lapaix entre nous et les dits hiroquois de te porter nos plaintes et de t’engager à leur defendre dy retourner pour [?] aux suites facheuses qui en pourront resulter. » Extrait du conseil tenu par les Algonquins et les Népissingues au Colonel Campbell à Montréal, 14 juillet 1791. Archives de la Ville de Montréal, document 4 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 1].

« Depuis bien longtemps que les hiroquois pillent nos terres nous n’avons jamais osé porter nos plaintes jusqua toi de crainte de t’importuner : mais aujourd’hui que les dits hiroquois paroissent vouloir nous envahir nos endroits de chasse en y hivernant malgré nous, nous croyons être obligé, pour maintenir l union et lapaix entre nous et les dits hiroquois de te porter nos plaintes et de t’engager à leur defendre dy retourner pour obvier aux suites facheuses qui en pourront resulter. »
Extrait du conseil tenu par les Algonquins et les Népissingues au Colonel Campbell à Montréal, 14 juillet 1791. Archives de la Ville de Montréal, document 4 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 1].

Le même extrait de conseil ainsi que le conseil tenu à John Johnson en 1798 nous renseignent également sur les préoccupations des Algonquins et des Népissingues quant à l’appropriation de leurs terres par les autorités coloniales, sans qu’ils ne soient consultés ou compensés financièrement.

« […] Ceux d’entre nous qui auroient des terres au proche des habitations ils seroient sans doute exposés à mourir de faim et hors detat desatisfair les dettes qu’ils auroient contractés chez nos commerçants quoique nous ne pouvons prouver par aucuns titres que ces terres nous appartiennent auroit-on la cruauté de nous les arracher? n’avons-nous pas toujours été tes tranquils possesseurs. voudroit-on abuser dela force pour nous oter des terres quenos peres nous ont transmis et que nous esperions donner en heritage à nos enfants? non, nous ne le croyons point. nous avons jusqua present trop eprouvé les generosités du gouvernement pour nous permettre de penser quileu de dessein. » Extrait du conseil tenu par les Algonquins et les Népissingues au Colonel Campbell à Montréal, 14 juillet 1791. Archives de la Ville de Montréal, document 4 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 3].

« […] Ceux d’entre nous qui auroient des terres au proche des habitations ils seroient sans doute exposés à mourir de faim et hors detat desatisfair les dettes qu’ils auroient contractés chez nos commerçants quoique nous ne pouvons prouver par aucuns titres que ces terres nous appartiennent auroit-on la cruauté de nous les arracher? n’avons-nous pas toujours été tes tranquils possesseurs. voudroit-on abuser dela force pour nous oter des terres quenos peres nous ont transmis et que nous esperions donner en heritage à nos enfants? non, nous ne le croyons point. nous avons jusqua present trop eprouvé les generosités du gouvernement pour nous permettre de penser quileu ce dessein. »
Extrait du conseil tenu par les Algonquins et les Népissingues au Colonel Campbell à Montréal, 14 juillet 1791. Archives de la Ville de Montréal, document 4 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 3].

Conseil tenu à John Johnson par les Algonquins et les Népissingues, 19 juillet 1798. Archives de la Ville de Montréal, document 3 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 2].

« Nous esperons mon Pere que tu fera pour nous comme tu a fait pour tes enfants les Missisagué que tu nous peyera nos térres Nous à vons eu autre fois le Rois de france qui etoit un bon pere pour nous il nous a toujours leser vivre sur nos térres paisiblement tu la conquis et tu la chasser de ce payis mest nous tavons retrouvé et nous à vons trouvé un bon pere en te trouvant tu à un bon cœur car tu a biens soins de tes enfants sauvages […] » Conseil tenu à John Johnson par les Algonquins et les Népissingues, 19 juillet 1798. Archives de la Ville de Montréal, document 3 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 2].

Recensement du Sault-Saint-Louis, 1825. Archives de la Ville de Montréal, document 6 du dossier SHM004-2-D02 [p. 1].

Recensement du Sault-Saint-Louis, 1825. Archives de la Ville de Montréal, document 6 du dossier SHM004-2-D02 [p. 1].

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Il est vraisemblable que les membres de ces deux nations dont les propos sont rapportés aient fréquenté la mission du Lac des Deux-Montagnes. Deux documents témoignent plutôt des réalités des habitants iroquois du Sault-Saint-Louis : l’un consiste en un recensement des membres de l’établissement en 1825, alors que l’autre consigne le discours des Iroquois domiciliés à « leurs frères de Michimakina », qui vise à convaincre ces derniers de ne pas participer au conseil organisé par les Six-Nations chez les Hurons du Detroit.

Paroles des Iroquois du Sault-Saint-Louis adressées aux Autochtones situés à Michilimakinac, vers 1796. Archives de la Ville de Montréal, document 5 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 2].

« Nos frêres. Nous nous rapellons tres bien que nos encêtres se sont donné la main, et que depuis ce tems, nous nous la somme jamais salie, tant d’une part que de l’autre cette main etoit d’argent et toujours claire, et nos anciens se promirent de la tenir toujours l’une dans l’autre, et que rien ne pouroit les separer, c’est pourquoi nous vous avons ecrit de ne pas aller au conseil que les six nations se proposoient de tenir au detroit, vous saver aussi bien que nous qu’ils ont deux langues, et nous craignons qu’il vous surprennent pour vous faire consentir à quelque chose contre vos interets […] » Paroles des Iroquois du Sault-Saint-Louis adressées aux Autochtones situés à Michilimakinac, vers 1796. Archives de la Ville de Montréal, document 5 du dossier SHM004-2-D02 [extrait, p. 2].

Série « Famille Ainsse » du fonds Famille Ainsse, Delisle et Duchesnois (SHM007-3)

Interprète pour les Affaires indiennes à Michillimakinac de janvier 1768 à 1779, avec une ellipse d’octobre 1768 à juin 1771, et agent de négociations auprès des Autochtones de la région des Grands Lacs de 1786 à 1788, Louis-Joseph Ainsse a laissé derrière lui de nombreux documents textuels témoignant des relations entre peuples autochtones, commerçants allochtones et représentants coloniaux entretenues à Michillimakinac. Un document de 1776 consigne les ordres militaires donnés à Ainsse, selon lesquels il doit commander une troupe d’Outaouais et de Sauteux fréquentant le poste afin de participer à la reprise de Montréal du contrôle américain.

« A Monsieur Monsieur Ainsse Interprête pour le poste de Michilimakinac. Ordres. Vous prendrés le commandement des nations sauvages de ce poste, appellées outa8ois Sauteux et quelques gens du Saguinans, avec qui vous irés pour vous joindre avec le Colonel Soutter sous Intendant des affaires sauvages que lon supposera présentement au village de Coniendaga, ou aux environs de Montreal. » Ordres donnés à Louis-Joseph Ainsse, 17 juin 1776. Archives de la Ville de Montréal, document 9 du dossier SHM007-3-D1 [extrait, p. 1].

« A Monsieur Monsieur Ainsse Interprête pour le poste de Michilimakinac. Ordres. Vous prendrés le commandement des nations sauvages de ce poste, appellées outa8ois Sauteux et quelques gens du Saguinans, avec qui vous irés pour vous joindre avec le Colonel Soutter sous Intendant des affaires sauvages que lon supposera présentement au village de Coniendaga, ou aux environs de Montreal. »
Ordres donnés à Louis-Joseph Ainsse, 17 juin 1776. Archives de la Ville de Montréal, document 9 du dossier SHM007-3-D1 [extrait, p. 1].

Un autre texte rapporte les propos d’envoyés outaouais de Michillimakinac adressés en personne à John Johnson en 1785 : ils témoignent de la misère dans laquelle se trouvent les membres de leur nation depuis trois ans, de l’espérance que Johnson leur viendra en aide et de leur ambivalence relativement à l’embryon d’un mouvement panindien dans la région.

« […] frere sauvage nous dise que l’on l’uers a dejas pillé sur le corps ces pour quoi il nous prie fortement de nous joindre a eux & que toutes les nations sauvages ne devroit former qu’un corps afin de tacher de garder nos terre, puisque s’est le maitre de la vie qui nous les adonnée; Cependant mon père nous ne voulon rien dessider par nous même, & nous somme de terminez de vouloir faire tavolonté, Cés pour quoi nous te prion de nous faire reponce duplus vitte quil le sera possible […] » Conseil adressé à John Johnson de la part des Outaouais de Michilimakinac, tenu chez Johnson, 17 novembre 1785. Archives de la Ville de Montréal, document 3 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p. 2].

« […] frere sauvage nous dise que l’on l’uers a dejas pillé sur le corps ces pour quoi il nous prie fortement de nous joindre a eux & que toutes les nations sauvages ne devroit former qu’un corps afin de tacher de garder nos terre, puisque s’est le maitre de la vie qui nous les adonnée; Cependant mon père nous ne voulon rien dessider par nous même, & nous somme de terminez de vouloir faire tavolonté, Cés pour quoi nous te prion de nous faire reponce duplus vitte quil le sera possible […] »
Conseil adressé à John Johnson de la part des Outaouais de Michilimakinac, tenu chez Johnson, 17 novembre 1785. Archives de la Ville de Montréal, document 3 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p. 2].

Les documents produits en 1786 et 1787 reflètent les démarches menées par Ainsse pour favoriser la conclusion d’une paix entre les nations des Grands Lacs, notamment les Sauteux, les Fols Avoines et les Renards.

Lettre de Louis-Joseph Ainsse à Richard Dolic, en provenance de Michilimakinac, 14 août 1786. Archives de la Ville de Montréal, document 6 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p. 2].

« je vous apprends, Monsieur, que je suis sur mon depart pour aller chez les Sioux faire la paix avec les Sauteux, les Fols avoines et les Renards et je crois que j’en serois de retour au plus tard le 10 juillet prochain en ce poste je parts avec un canot seulement et un canot sauvage dans lequel il y a 3 chefs sauteux et 3 chefs outaoua qui viennent pour m’acompagner, et vous pourrez bien assurer a Mr Johnson que tous les sauvages de ce pays ici sont assurement a ses ordres et desirent de tous leurs cœur de le voir le printems prochain. » Lettre de Louis-Joseph Ainsse à Richard Dolic, en provenance de Michilimakinac, 14 août 1786. Archives de la Ville de Montréal, document 6 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p. 2].

Copie des articles de paix conclus au grand conseil du Roy par les nations de la région des Grands Lacs, 1787. Archives de la Ville de Montréal, document 28 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p.1].

« Les chefs du vilage et chefs de guerre lesquelles ont paru hier en présence du grand esprit, et devant leur Pére au grand conseille du roy â Michilimackinac, et ont entérés leur casssette de guerre. â la plaçe du quel ils ont allumé le calumét de paix, et ont fait ensemble â leurs maniere une paix durable, sobbligeant a garder les articles suivantes Premiert – Quétants bien sensible aux bontéés quils ont reçues, et quils continuent encor de recevoir et la protection de leur Pére le grand roy, ils s’obbligent par eux mémes et les nations de reconaitre apres le grand esprit, le grand roy d’angleterre leur Pére, et qu’ils obeiront a la voix de ses blancs, quil â gracieusement confié avec ladministration de leur affaires » Copie des articles de paix conclus au grand conseil du Roy par les nations de la région des Grands Lacs, 1787. Archives de la Ville de Montréal, document 28 du dossier SHM007-3-D2 [extrait, p.1].

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Occupation territoriale, réalités sociales et économiques, portraits et représentations dans l’espace public, hostilités et alliances, rapports coloniaux et réalités coloniales, relations de reconnaissance : ainsi pouvons-nous identifier, de manière non-exhaustive, les enjeux sur lesquels les documents des Archives de Montréal peuvent fournir des perspectives allochtones significatives pour l’interprétation historique. Nous vous invitons à consulter notre guide thématique pour connaître l’ensemble des documents de nos archives traitant des réalités autochtones et des relations coloniales : Guide de recherche : enjeux autochtones

Vous retrouverez 153 de ces documents d’archives dans notre album Flickr

Le maire de Montréal M. Camillien Houde est nommé "Shakoskontakwas" ou "Sauveur de Montréal", 9 juin 1929. Archives de la Ville de Montréal, P146-2-2-D1-P004.

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Pour lire nos deux articles précédents :

Perspectives allochtones sur les réalités autochtones : estampes, peintures, cartes et plans

Perspectives allochtones sur les réalités autochtones : photographies

 


Vous voulez en voir davantage? Voici quelques autres documents d’intérêt de la série SHM002-2 :


Sources

Armour, D. A. (1983). Ainsse (Ainse, Hains, Hins), Joseph-Louis (Louis-Joseph). Dans Dictionnaire biographique du Canada. Récupéré de http://www.biographi.ca/fr/bio/ainsse_joseph_louis_5F.html

Bégin, M. S. (2008). Les Autochtones de l’ouest du Québec sous le régime français : identité, territoire et pratiques culturelles. Circare Consultants.

Di Gangi, P. (2018, 30 avril). Territoire algonquin [Article de blogue]. Récupéré de https://www.histoirecanada.ca/consulter/politique-et-droit/territoire-algonquin

Dionne, Paul. (2012, 1er février). Déclaration de revendication : aux termes de la règle 41 des Règles de procédure du Tribunal des revendications particulières (SCT-2001-11). Récupéré de https://sct-trp.ca/pdf/SCT-2001-11-doc1.pdf

Division des levés officiels, Ressources naturelles Canada. Historique foncier des terres indiennes au Québec. Récupéré de https://www.rncan.gc.ca/sciences-terre/geomatique/arpentage-terres-canada/ publications/11099

Monet, J. (1977). La Fontaine, sir Louis-Hippolyte. Dans Dictionnaire biographique du Canada. Récupéré de  http://www.biographi.ca/fr/bio/la_fontaine_louis_hippolyte_9F. html

Morand, Lynn L. (2001). Michilimackinac revisité. Cap-aux-Diamants, (66), 43-45. Récupéré à https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2001-n66-cd1044125/8304ac.pdf

Sossoyan, M. (2009). Les Indiens, les Mohawks et les Blancs : mise en contexte historique et sociale de la question des Blancs à Kahnawake. Recherches amérindiennes au Québec, 39 (1-2), 159-171. https://doi.org/10.7202/045009ar

Toupin, R. (1980). Potier, Pierre-Philippe. Dans Dictionnaire biographique du Canada. Récupéré de http://www.biographi.ca/fr/bio/potier_pierre_philippe_4F.html

Turgeon, C. (2018, 12 novembre). Montréal, ville américaine? [Article de blogue]. Récupéré à https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/montreal-ville-americaine


Si les enjeux relatifs aux réalités autochtones vous intéressent, nous vous suggérons la lecture des documents suivants :

« Tu n’as pas l’air autochtone! » et autres préjugés, Wildia Larivière et Mélanie Lumsden, Mikana, Amnistie internationale Canada francophone (2019)

Trousse d’outils pour les alliées aux luttes autochtones, Dakota Swiftwolfe, Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal (2019)


À propos de l’autrice : Anne-Marie Dubreuil, stagiaire à la Section des archives de la ville de Montréal, est candidate à la maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Montréal. Ses intérêts de recherche portent sur l’histoire canadienne, notamment l’histoire des relations coloniales. Elle a complété la concentration de premier cycle en études autochtones de l’UQÀM et œuvre contractuellement comme assistante de recherche, sur des projets relatifs à l’histoire des peuples autochtones, pour Historicé Consultants.

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