Chronique Montréalité no 55 : Montréal et la Seconde Guerre mondiale


Pour une cinquième saison, et maintenant une fois par mois, une chronique des Archives de Montréal est présentée à l’émission Montréalité sur la chaîne MAtv (http://montrealite.tv/). Vous pourrez revoir les archives sélectionnées et aussi lire les informations diffusées et parfois inédites. Regardez notre chronique à la télé et venez lire notre article sur archivesdemontreal.com.

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Vue générale de Montréal depuis le mont Royal en direction du pont Jacques-Cartier, photo Edgar Gariépy , 4 mai 1944, BM42-G1420

Vue générale de Montréal depuis le mont Royal en direction du pont Jacques-Cartier, photo Edgar Gariépy , 4 mai 1944, BM42-G1420

La guerre et ses conséquences

Le premier septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. La France et l’Angleterre déclarent immédiatement la guerre à l’envahisseur. Le Canada entre en guerre le 9 septembre.

Dès ce moment, l’économie montréalaise est orientée vers l’effort de guerre. Après les années de crise, la ville se retrouve en pratique dans une situation de plein emploi. Ce contexte va également favoriser la participation des femmes au marché de travail.

Affiche canadienne de la Seconde guerre mondiale, années 1940. BM2-39_33_2024

Affiche canadienne de la Seconde guerre mondiale, années 1940. BM2-39_33_2024

Aux Usines Angus, dans Rosemont, on compte 12 000 travailleurs qui construisent 1 700 chars d’assaut destinés aux combats d’outre-mer. La compagnie Vickers produit une trentaine de navire de guerre alors que les usines de munitions fonctionnent à plein  régime. Le gouvernement canadien fait édifier un nouvel aéroport de Montréal à Dorval, celui de Saint-Hubert n’étant plus adéquat.

Pour les citoyens, c’est aussi le rationnement des denrées de tous les jours : beurre, lait, viande, sucre, thé, café, etc. Chacun possède son propre carnet de rationnement.

Carnet de rationnement, années 1940, VM166-D3104-003

Carnet de rationnement, années 1940, VM166-D3104-003

Carnet de rationnement, années 1940, VM166-D3104-004

Carnet de rationnement, années 1940, VM166-D3104-004

En 1945, la Ville en profite pour demander aux Montréalais d’économiser l’eau, non pas pour des motifs écologiques mais plutôt économiques en raison de la rareté des matériaux, réquisitionnés pour la production militaire.

Affiche de la Ville de Montréal, 1945, VM6-D720-15-8(1875-1953)-006

Affiche de la Ville de Montréal, 1945, VM6-D720-15-8(1875-1953)-006

Des mesures de protection civile, entre autres contre d’éventuels raids aériens, sont instaurées. Les Montréalais doivent être prêts à toute éventualité. Ils sont aussi encouragés à acheter des certificats d’épargne de guerre.

Dépliant de la protection civile, années 1940, VM166-D3111-1

Dépliant de la protection civile, années 1940, VM166-D3111-1

Feuillet de promotion pour les certificats d'épargne de guerre, années 1940, VM166-D3111-1

Feuillet de promotion pour les certificats d’épargne de guerre, années 1940, VM166-D3111-1

Renaissance du «night life» montréalais

Le retour de la prospérité entraîne une demande de divertissements. La vie théâtrale montréalaise est riche et les cabarets sont animés. Le tourisme reprend aussi de la vigueur et on recommence à produire des guides touristiques pour Montréal.

Guide touristique, 1945, P98-01_100

Guide touristique, 1945, P98-01_100

Guide touristique, 1945, P98-01_100

Guide touristique, 1945, P98-01_100

Cette vie culturelle profite également des soldats en permission qui viennent nombreux dans la ville. Le revers de la médaille est toutefois  le retour en force des maisons de jeux et de prostitution dans le Red Light.

Maison de jeu rue St-Dominique, années 1940. P43-3-2_V03_E0104-005

Maison de jeu rue St-Dominique, années 1940. P43-3-2_V03_E0104-005

Maison de prostitution au 1246-1248-1250-1252 de Bullion, années 1940. P43-3-2_V24_E220-019

Maison de prostitution au 1246-1248-1250-1252 de Bullion, années 1940. P43-3-2_V24_E220-019

Les autorités militaires deviennent inquiètes du taux élevé de maladies vénériennes chez les soldats. En janvier 1944, elles convoquent des représentants municipaux à une rencontre où un ultimatum est donné : fermez le «Red Light» sinon la ville sera interdite aux troupes.

Cette menace des militaires, si elle était appliquée,  aurait de conséquences conséquences pour l’économie et la réputation de Montréal. Le 2 février, tous les bordels vont miraculeusement fermer leurs portes en même temps, sans intervention policière.

La politique montréalaise

Au moment du déclenchement de la guerre, Camillien Houde est le maire de Montréal. Toutefois, il se déclare contre l’enregistrement national décrété par le premier ministre canadien pour tous hommes et femmes de 16 à 60 ans. Selon Houde, cette initiative n’est qu’un pas vers la conscription des Canadiens français, souvenir douloureux de la Première guerre (1914-1918).

Le 5 août 1940, il est arrêté par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) à sa sortie de l’hôtel de ville. On l’envoie alors au camp d’internement de Petawawa en Ontario puis à Frédéricton l’année suivante.

Camillien Houde au camp de Petawawa par Guido Nincheri, 1940, VM166-D026-34-7-035

Camillien Houde au camp de Petawawa par Guido Nincheri, 1940, VM166-D026-34-7-035

Cette même année, le gouvernement du Québec impose une tutelle à Montréal et un régime municipal antidémocratique, avec 99 conseillers municipaux dont le tiers n’est pas élu. Adhémar Raynault est élu maire mais il ne dispose que de peu de pouvoir.

Adhémar Raynault, années 1930, VM94-Z961-2

Adhémar Raynault, années 1930, VM94-Z961-2

Lors du plébiscite de 1942, année du modeste tricentenaire de Montréal, les Canadiens français vont majoritairement contre la possibilité d’être conscrits pour la guerre.

Camillien Houde est finalement libéré en août 1944. Il est triomphalement accueilli à Montréal et sera réélu maire en fin d’année.

Le 7 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule. Les Montréalais envahissent la rue Sainte-Catherine, ce qu’ils feront à nouveau en août après la reddition japonaise.

Célébrations de la victoire des Alliés sur la rue Sainte-Catherine, 7 mai 1945, P500-Y-1_022-005

Célébrations de la victoire des Alliés sur la rue Sainte-Catherine, 7 mai 1945, P500-Y-1_022-005

Célébrations à l'occasion de la reddition japonaise au centre-ville de Montréal, août 1945. P500-Y-1_022-017

Célébrations à l’occasion de la reddition japonaise au centre-ville de Montréal, août 1945. P500-Y-1_022-017

Sources :

Lapointe, Mathieu. Nettoyer Montréal – Les campagnes de moralité publique, 1940-1954. Septentrion, 2014, 395 pages.

Musée canadien de la guerre. «Le Canada et la guerre. Le vie sur le front intérieur : Montréal, ville québécoise en guerre», La démocratie en guerre : Les journaux canadiens et la Seconde guerre mondiale.

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2 réponses à Chronique Montréalité no 55 : Montréal et la Seconde Guerre mondiale

  1. Carole Malboeuf dit :

    Bonjour monsieur Robert,

    Je suis enseignante au primaire. Je participe au 375e de la ville de Montréal en mai prochain. Je cherche des informations et photos sur la Rocky Beach qui était située entre la 8e et 2e Avenue à Lasalle. J’ai déjà les livres de monsieur Denis Gravel, historien de Lasalle.
    Si vous avez une bonne source d’informations ou même des gens qui ont connu la plage, j’en serais très heureuse.
    Je vous remercie à l’avance,
    Carole Malboeuf

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