Chronique Montréalité no 49 : Brève histoire du mont Royal

À tous les lundis et pour une quatrième saison, une chronique des Archives de Montréal est présentée à l’émission Montréalité sur la chaîne MAtv (http://montrealite.tv/). Vous pourrez revoir les archives sélectionnées et aussi lire les informations diffusées et inédites. Regardez notre chronique à la télé et venez lire notre article sur archivesdemontreal.com.

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Hochelaga

La montagne au centre de l’île est un lieu de chasse et de passage pour les Amérindiens. Les sentiers pour s’y rendre vont donner naissance aux chemins de la Côte-Sainte-Catherine et de la Côte-des-Neiges.

En 1535, Jacques Cartier se rend au village iroquoien d’Hochelaga et baptise la montagne «Mont-Royal» d’où sera plus tard dérivé le nom de Montréal

La terra de Hochelaga nella Nova Francia, plan de Giovanni Battista Ramusio, 1556. VM6-D4000-3-004

La terra de Hochelaga nella Nova Francia, plan de Giovanni Battista Ramusio, 1556. VM6-D4000-3-004

En mai 1642, Montréal est fondé. Le 25 décembre de la même année, la petite colonie est épargnée par une inondation. Pour souligner le fait d’y avoir échappé, Maisonneuve porte une croix sur le mont Royal en action de grâce.

Quelques années plus tard, les Sulpiciens découvrent le potentiel agricole du site et y construisent le fort de la Montagne au pied de celle-ci. Il ne reste aujourd’hui que les deux tours, rue Sherbrooke près d’Atwater.

Tours du fort de la montagne prise du Jardin du Collège, photo Edgar Gariépy, vers 1920. BM42-G0158

Tours du fort de la montagne prise du Jardin du Collège, photo Edgar Gariépy, vers 1920. BM42-G0158

L’occupation du territoire

Au début du 19e siècle, les membres de l’élite anglophone s’installent graduellement sur le flanc sud du mont Royal. Le trafiquant et marchand de fourrures Simon MacTavish y fait construire la première grande villa en 1803.

L’année suivante, James McGill qui fait construire la villa Burnside qu’il va ensuite léguer – avec sa ferme – pour fonder «McGill College», qui deviendra l’université McGill.

James McGill, 19e siècle, BM1-5P1332-1

James McGill, 19e siècle, BM1-5P1332-1

John Ogilvie va faire construire la Tour Trafalgar en haut de la Côte-des-Neiges et quelques décennies plus tard, John Molson s’installe sur le sommet ouest (Westmount).

Arriveront par la suite les grandes institutions comme le cimetière protestant Mont-Royal en 1852 et le cimetière catholique Notre-Dame des Neiges en 1855. La Ville de Montréal fait aussi construire le réservoir McTavish durant la même décennie.

Entrée du cimetière Mont-Royal, vers 1890, VM94-Z1801

Entrée du cimetière Mont-Royal, vers 1890, VM94-Z1801

À la fin du siècle et au cours du 20e siècle, de grandes institutions s’y installent : l’hôpital Royal Victoria, les Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, le central d’alarmes de la Ville, l’Université de Montréal.

Les plus riches personnages au Canada ont tous leurs luxueuses résidences au pied du mont Royal.

Carte postale du mont Royal, début du 20e siècle, VM6-D1903-4-2-002

Carte postale du mont Royal, début du 20e siècle, VM6-D1903-4-2-002

Un parc public

Durant l’hiver de 1871-1872, un des propriétaires de terrains sur la montagne décide de faire des coupes à blanc sur le flanc sud. On assiste alors à une levée de boucliers de gens qui demandent au conseil municipal d’acheter des terrains pour en faire un parc.

Au cours de l’année 1872, la Ville de Montréal achète 478 acres de terrains de propriétaires fonciers pour une valeur d’un million de dollars. Deux ans plus, l’administration municipale confie à l’architecte-paysagiste Frederick Law Olmstead, concepteur de Central Park à New York,  le mandat de dresser les plans du parc du Mont-Royal.

Le parc est inauguré le 24 mai 1876, jour de la fête de la reine Victoria, même si les aménagements sont loin d’être complétés

Inauguration du parc du Mont-Royal, mai 1876 (extrait de l'Opinion publique), VM6-D1903-1-A-001

Inauguration du parc du Mont-Royal, mai 1876 (extrait de l’Opinion publique), VM6-D1903-1-A-001

Les travaux vont donc se poursuivre jusqu’en 1881. Un funiculaire, non prévu dans les plans d’Olmstead est inauguré en 1884. Il sera en opération jusqu’en 1918.

Funiculaire du parc du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, 1917. BM42-G1040

Funiculaire du parc du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, 1917. BM42-G1040

De nouveaux équipements

En 1906, un premier belvédère avec vue sur le centre de Montréal est construit.

Belvédère du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, vers 1920. BM42-G0731

Belvédère du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, vers 1920. BM42-G0731

Quelques années plus tard, on entreprend la construction de l’oratoire Saint-Joseph sur la face nord au sommet Westmount, tout comme le tunnel sous la montagne, inauguré en 1918. L’année suivante, on inaugure le monument Sir George-Étienne Cartier au pied du flanc Est.

L’une des nouveautés de la décennie 1920, est la croix du Mont-Royal dont l’objectif était de rappeler celle que Maisonneuve avait plantée en 1643. Elle est illuminée pour la première fois la veille de Noël 1924.

Croix du parc du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, 1943, BM42-G1413

Croix du parc du Mont-Royal, photo Edgar Gariépy, 1943, BM42-G1413

En 1927, un projet d’élévateur va être présenté, sans résultat. La Ville va plutôt opter pour une ligne de tramway (numéro 11) du côté Est.

Projet de funiculaire de l'architecte J. E. De Patrick, 1927. VM66-S6P021

Projet de funiculaire de l’architecte J. E. De Patrick, 1927. VM66-S6P021

La crise des années 1930 va entraîner un grand nombre de travaux publics. Certains vont être réalisés sur la montagne, dont le chalet actuel conçu par l’architecte Aristide Beaugrand-Champagne et le Lac aux Castors de l’architecte-paysagiste Frederic Todd.

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Autres changements

En 1948, la Ville de Montréal adopte un règlement qui autorise l’accès au parc pour les voitures, ce qui était auparavant interdit. Avec l’arrivée de la télévision, on érige une tour de transmission en retrait de la croix.

Toutefois, les pires dommages au parc vont être réalisés sous le premier mandat du maire Jean Drapeau à partir de 1954.  La nouvelle administration considère que les arbustes et petits arbres de toute sortes servent à abriter des «activités immorales». La Ville va donc procéder à des «coupes de moralité».  Ces dernières sont tellement importante que la montagne sera baptisée du nom de «mont chauve». En raison de l’érosion des sols, l’Administration devra planter près de 60 000 arbres au début des années 1960.

Le «mont chauve», mai 1962. VM94-B009-006

Le «mont chauve», mai 1962. VM94-B009-006

À la fin des années 1950, on construit l’échangeur du Parc – Des Pins mais surtout la voie Camillien-Houde actuelle, nommée en hommage à l’ancien maire décédé en 1958.

Un nouveau chalet, celui du Lac des Castors, est aussi construit à cette époque.

Chalet du Lac aux Castors, vers 1960, VM6-D1903-4-2-043

Chalet du Lac aux Castors, vers 1960, VM6-D1903-4-2-043

Parmi les autres constructions prévues sur la montagne, soulignons un théâtre près du lac et un grand amphithéâtre à ciel ouvert. Ces deux projets ne verront pas le jour.

Les années 60 vont donner lieu à plusieurs ajouts d’immeubles tout autour de la montagne. Plus tard, un règlement va aussi limiter leur hauteur pour qu’ils soient de moindre taille que le mont Royal.

Il aura aussi des luttes pour sa préservation, les spectacles de la Saint-Jean et beaucoup d’autres choses à évoquer dont, en 2005, la création de l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal qui devient en 2012 le site du patrimoine du Mont-Royal.

Sources

Le site officiel du Mont-Royal. «L’histoire». http://www1.ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/histoire

Le site officiel du Mont-Royal. «L’Atlas du paysage du mont Royal», août 2012. http://www1.ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/atlas-paysage-outil-reference

Les amis de la montagne. «La petite histoire du mont Royal» http://www.lemontroyal.qc.ca/fr/connaitre-le-mont-royal/la-petite-histoire-du-mont-royal.sn

Répertoire du patrimoine culturel du Québec. «Site du patrimoine du Mont-Royal». http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=99578&type=bien#.VldypHYvfcs

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