Chronique Montréalité no 4 : Montréal et les Jeux olympiques d’hiver, 1932-1956

Depuis le 21 janvier dernier et à tous les lundis, une chronique des Archives de Montréal est présentée à l’émission Montréalité sur la chaîne MAtv (http://montrealite.tv/). Vous pourrez revoir les archives sélectionnées et aussi lire les informations diffusées et inédites. Regardez notre chronique à la télé et venez lire notre article sur archivesdemontreal.com

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Jeux d’hiver de 1932 et de 1940

En 1976, Montréal tient les XXIe jeux olympiques de l’ère moderne mais peu de gens savent que la Ville est alors intéressée depuis longtemps par les Jeux d’hiver. La première fois, c’est pour les jeux de 1932 tenus aux États-Unis.  À cette époque les jeux d’été et d’hiver doivent avoir lieu dans le même pays. La ville de Los Angeles est sélectionnée pour ceux d’été. Vers 1928, Montréal se rend disponible si des villes américaines ne sont pas en mesure de présenter les Jeux d’hiver, qui auront finalement lieu à Lake Placid. Certes, il aurait été extrêmement difficile de présenter ces olympiades en pleine grande crise économique au moment où un grand nombre de chômeurs font la file devant le Refuge Meurling pour recevoir des secours.

Refuge Meurling, vers 1932, VM94-Z35

Montréal fait aussi part de ses intentions d’accueillir les jeux de 1940 attribués en 1937 au Japon, à la Suisse en 1938 et à l’Allemagne deux mois avant le début de la Seconde guerre mondiale.

Jeux d’hiver de 1944

Là où Montréal a commence à être plus sérieuse, ce sont pour les Jeux de 1944, octroyés en juin 1939. Le 23 mai 1939, le conseil municipal de Montréal accorde un montant de 1 800 $ au maire Camillien Houde pour couvrir les frais de voyage de William Northey qui doit se rendre à Londres pour la réunion du Comité international olympique (CIO) «afin de tenter, au nom de la Cité, d’obtenir que ces jeux aient lieu à Montréal en 1944».  On évoque même la construction d’un stade au parc Maisonneuve.

Le parc Jeanne-Mance et le mont Royal, 1939, BM42-G1417

Lors de la réunion du CIO, trois villes sont alors en liste : Cortina d’Ampezzzo (Italie), Montréal et Oslo (Norvège). La ville italienne remporte la mise mais Montréal termine deuxième avec 4 voix de moins que Cortina. Évidemment ces jeux n’auront jamais lieu, annulés tout comme ceux de 1940 en raison de la Seconde guerre mondiale.

Jeux d’hiver de 1956

En 1949, Montréal reprend le bâton du pèlerin pour obtenir les jeux de 1956. L’administration municipale prévoit des montants totalisant près de 5 000$ pour publier une brochure de promotion, présenter les aménagements et envoyer le président du Comité exécutif Joseph-Omer Asselin à la réunion de Rome, qui se tient du 25 au 29 avril. La candidature est appuyée de lettres du premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, et du premier ministre du Canada, Louis Saint-Laurent.

XCD00-P6560-004Le document promotionnel qualifie Montréal de «ville française de l’empire britannique, ville ancienne du Nouveau monde, progressive et charmante, vibrante et hospitalière», soulignant qu’elle «a l’habitude des carnavals d’hiver» en mentionnant ceux de 1883 à 1889.

Les compétitions de ski doivent se tenir dans les Laurentides, principalement à Mont-Tremblant, là où le village olympique serait construit. On mentionne aussi l’utilisation possible du Forum, du stade De Lorimier et même du stade Molson. Pour la partie culturelle, le Musée des Beaux-arts est mis en valeur de même que les universités McGill et Montréal. Hôtels et restaurants de la Ville sont aussi en mesure d’accueillir un grand nombre de visiteurs tandis que les «chefs cuisiniers, plus épicuriens que belliqueux, ont la sagesse « de place la broche au-dessus de l’épée».

Le 27 avril  1949, le CIO accorde les jeux d’hiver de 1956 à Cortina d’Ampezzo qui l’emporte haut la main au premier tour avec 31 votes contre 7 pour Montréal, 2 pour Colorado Springs et 1 pour Lake Placid. Lors de ces Jeux de 1956, le Canada obtient une médaille d’argent en patinage artistique et deux médailles de bronze. La première revient à l’équipe de hockey qui compte le gardien de but Denis Brodeur (photographe décédé en 2013 et père du gardien des Devils du New Jersey, Martin Brodeur) dans ses rangs et la skieuse  québécoise Lucille Wheeler qui devient championne du monde en 1958.

Lucille Wheeler et le maire Sarto Fournier, 1958, VM94-Z711-4

 La suite

Dès son retour de Rome, le président du Comité exécutif mentionne la possibilité de tenter à nouveaux d’obtenir les jeux d’hiver, ceux de 1960. Le maire Camillien Houde veut aller plus loin et faire de Montréal le «centre mondial des sports d’hiver».

En juin 1955, la ville de Squaw Valley en Californie est choisie pour la tenue des Jeux d’hiver de 1960. Montréal n’a pas présenté sa candidature car depuis 1954, elle a à sa tête un nouveau maire : Jean Drapeau. Il semble bien que ce n’est qu’en 1963, lors d’une visite au Musée olympique de Lausanne que le maire Drapeau devient fasciné par l’olympisme. En 1966, Montréal revient à la charge pour les Jeux de 1972, non ceux d’hiver mais bien ceux d’été.

 

 

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